En janvier 2023, j’interrogeais le ministre des Armées sur le coût du départ de l’armée française du Niger. La réponse gouvernementale est tombée en mai : cette opération aura coûté 82 millions d’euros. Un désengagement précipité, opaque, et surtout, lourd de conséquences stratégiques.
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Un désastre économique et stratégique :
Le gouvernement a confirmé en mai dernier que le départ des troupes françaises du Niger aura coûté 82 millions d’euros. Dans le détail, 12 millions d’euros correspondent à du matériel abandonné sur place, tandis que 70 millions couvrent le désengagement logistique : transport, relocalisation des hommes, et primes OPEX versées aux militaires concernés.
Certes, le ministère a précisé qu’aucun équipement stratégique n’a été laissé derrière nous. C’est un point à noter. Mais peut-on réellement se satisfaire d’un tel bilan ?
Le Sahel, zone cruciale pour la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, est désormais livré à lui-même. La France y perd non seulement une influence stratégique, mais elle trahit aussi les peuples sahéliens qui avaient placé leur confiance en elle pour résister au djihadisme. Sans compter que, selon plusieurs officiers de l’armée française, la projection de notre armée permettait de concentrer les attaques terroristes à l’extérieur de nos frontières. Notre nation devra donc s’attendre à une augmentation de celle-ci sur le territoire national.
Ce retrait désordonné, imposé sous la pression, constitue un camouflet diplomatique pour Emmanuel Macron, qui ajoute un revers de plus à sa politique étrangère.
L’incompétence de notre diplomatie n’est pas perdue pour tout le monde. Les groupes Wagner, bras armé du Kremlin, s’installent dans les bases que nous avons abandonnées. Ils y imposent leur ordre, souvent brutal, en s’appuyant sur une propagande anti-française.
Une mauvaise nouvelle discrète :
Plus grave encore : le silence qui entoure ce fiasco budgétaire et stratégique. Cette information capitale a été soigneusement passée sous silence par la majorité des grands médias. Il aura fallu une question écrite parlementaire, posée en toute transparence, pour obtenir la vérité. Ce manque de transparence alimente une défiance légitime envers les institutions.
Au final, comme toujours, c’est la population française qui en paiera les conséquences. 82 millions d’euros : un coût exorbitant pour un échec diplomatique et stratégique.