Chasseurs : la technocratie macroniste à l’œuvre

La commission du développement durable l’a adopté dans la soirée du 5 décembre : le projet de loi portant création d’un nouvel établissement public réunissant l’Agence française de la biodiversité (AFB) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) devrait être discuté mercredi prochain dans l’hémicycle. Consciente des enjeux primordiaux que portent ce texte pour les chasseurs à travers le territoire français, Marie-France Lorho a fait part de ses interrogations quant à ce texte, dont certaines dispositions risquent d’altérer les conditions d’exercice de l’activité de la chasse en France.

Particulièrement préjudiciables semblent être la variabilité du montant de la contribution à la protection de la biodiversité, qui doit être imputée à la charge des membres de la Fédération nationale de la Chasse. Ceux-là devront concéder des dépenses choisies par voie réglementaire dès la validation de leur permis de chasser national dans l’année. Soutenant la nécessité de voir le montant de l’obligation de dépenses à la charge de la Fédération Nationale des Chasseurs spécifié, le député explique dans l’un de ses amendements que « la Fédération ne [saurait] en aucun cas se voir contrainte de concéder une dépense fluctuante, choisie par voie réglementaire, au risque de voir son activité sévèrement affectée par [une telle] contribution financière ». Marie-France Lorho a ainsi soutenu l’application d’une taxe ne pouvant excéder un seuil bas, de manière à ne pas assister à la mise en berne de l’activité des chasseurs.

« La participation financière des chasseurs aux actions bénéficiant à la protection de la biodiversité ne doit pas se traduire par une contribution trop élevée au risque de s’apparenter à une pénalité financière », soutient-elle encore. Le député de Vaucluse a également souligné la nécessité de faire valoir, pour les chasseurs ayant omis de transmettre les informations administratives qu’ils doivent confier à la fédération, le droit à l’erreur. Le gouvernement entend quant à lui opérer une sanction systématique pour tout membre oublieux des démarches à effectuer.

Alors même que le rapporteur du projet entend confier aux fédérations départementales et interdépartementales un grand nombre de prérogatives, le député de la quatrième circonscription de Vaucluse a fait valoir la nécessité de maintenir les liens entre les associations locales et ces instances fédératives de chasse. L’inscription locale de ces structures constitue une source d’informations primordiale, dont il serait illégitime de priver les acteurs majeurs de ce domaine.

L’activité de la chasse est majeure pour notre environnement ; en Vaucluse, les quelques 11 000 chasseurs à l’œuvre contribuent à préserver nos paysages, en limitant par exemple les dégâts agricoles réalisés par certains animaux sur les exploitations. Ériger les chasseurs contre la défense de notre environnement, ainsi que certaines dispositions punitives du projet de loi l’entendent, est aussi illégitime qu’absurde. C’est la raison pour laquelle Marie-France Lorho propose d’en redessiner les contours, de manière à proposer un texte plus équilibré, où ces deux domaines complémentaires que constituent la chasse et la préservation de notre environnement pourront œuvrer de concert.

L’accablant bilan des déserts médicaux

D’année en année, le constat se fait de plus en plus accablant : au rythme des départs à la retraite des médecins âgés, les déserts médicaux se creusent, laissant de nombreux Français dans le désarroi. Depuis 2010, le nombre de médecins généralistes diminue annuellement, de manière alarmante. En France, près d’une commune sur trois souffre de cette absence de médecins sur son territoire, soit 11 329 communes. Face à cette situation désastreuse, les médecins les plus âgés choisissent de continuer d’exercer, afin de ne pas abandonner leurs patients : à l’heure actuelle, entre 12 000 et 13 000 médecins ont fait le choix de cumuler leur emploi avec leur retraite, solution éphémère soulageant pourtant bien des territoires.

Fragile, cette situation ne pourra pourtant pas durer : près de la moitié des médecins généralistes (47 %) inscrits à l’Ordre des médecins est âgé d’au moins 60 ans – contre un quart des médecins dix ans plus tôt. La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) s’inquiète : « cette baisse devrait se poursuivre jusqu’en 2025. A cette date, le nombre de médecins généralistes libéraux ou mixtes serait inférieur de 8 % à celui de 2009 ». Et la nouvelle génération risque de ne pas pourvoir au remplacement des aînés : 8000 médecins seulement sont formés chaque année contre 13 000 en 1972. Devant l’expansion des déserts médicaux, les zones qualifiées de « sous-denses » explosent ; les zones éligibles aux aides conventionnelles devraient représenter près de 18 % de la population nationale contre 7 % actuellement.

De son côté, le gouvernement espère béatement que les médecins libéraux s’organiseront eux-mêmes en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) de manière à ce que coexiste médecins libéraux et hospitaliers dans des structures communes. Une tendance que la jeune génération est prête à assumer puisque de 43 % des médecins libéraux exerçant en groupe autrefois, on en compte désormais près de 52 % exerçant entre eux en 2016. Néanmoins, ces jeunes médecins comptent légitimement imposer leurs exigences, manifestées par la réduction de leurs charges administratives ou l’installation des activités libérales ailleurs que dans les centres de santé (ils sont près de 90 % à être installés en ces espaces).

Les communes rivalisent désormais pour attirer les jeunes médecins sur leur territoire ; au gré de leurs moyens, elles encouragent les professionnels à grands renforts de promesses, parfois exorbitantes. A Paris, le dispositif Paris Med’ (mis en place en 2015) permet aux jeunes gens de se voir octroyer une subvention de 200 000 euros pour monter un cabinet avec pour condition de s’engager pour trois ans. La Mairie de Paris juge le résultat satisfaisant. D’autres territoires, moins pourvus, seront hélas moins chanceux.

 

Lutte contre les addictions : le gouvernement effleure la prohibition !

Le gouvernement, dans sa volonté de lutter contre les addictions, présente un plan national de Santé Publique qui vise à dénormaliser la consommation de vin.  Ce plan de lutte, qui diabolise le vin, est particulièrement inquiétant. Il risque d’être néfaste, tant à l’identité de nos territoires qu’à la filière viticole, d’autant plus que les producteurs proposent un plan cohérent et à moindre coût pour les pouvoirs publics.

Le gouvernement annonce un plan national de Santé Publique « priorité prévention » pour une « révolution de la prévention ». Ainsi, un prix plancher de 5 euros pour toute bouteille d’alcool sera obligatoire. Des logos vont être ajoutés sur les bouteilles de vin : un logo indiquant un 18 barré, pour signifier au mineur qu’ils n’ont pas le droit d’acheter de l’alcool, sera désormais obligatoire. Par ailleurs, le logo symbolisant une femme enceinte barrée, visant à lutter contre l’alcoolisation des femmes en ceinte, déjà obligatoire, devra maintenant faire deux centimètres de diamètre, il prendra donc 25 fois plus de place sur les étiquettes qu’avec la dernière loi. Enfin, la publicité concernant ces produits devrait être interdite à proximité de tout établissement scolaire.

 D’abord, ces mesures ne sont pas efficaces : le prix plancher de cinq euros ne devrait pas dissuader les jeunes de consommer et, pire, inciter à la contrebande ou à l’approvisionnement dans les pays limitrophes, les femmes enceintes qui consomment de l’alcool ont majoritairement un problème d’addiction avant leur grossesse. Comment appliquer la loi concernant la publicité dans des villes comme Paris où les établissements scolaires sont partout ? Ensuite, ces mesures donnent une mauvaise image de la consommation du vin : le but recherché est la « dénormalisation » de la consommation du vin, voire la diabolisation. Le vin est un élément central de la culture française et la filière viticole une filière très importante économiquement qu’on ne peut risquer d’affaiblir.

Le repas gastronomique à la Française est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Chaque région revendique ses appellations : vins de Bordeaux, les vins alsaciens…. Les habitants du Vaucluse ne peuvent-ils pas se vanter de quelques excellents vins ? Sur 96 départements Français, 66 sont viticoles. Pour 86% des Français le vin est une composante de l’art de vivre à la Française[1]. Dénormaliser la consommation de vin, c’est déconstruire la culture française, c’est s’attaquer aux territoires, c’est couper nos racines. La filière viticole est aussi un poumon économique français : deuxième secteur d’exportation excédentaire français il rapporte près de 8 milliards d’euros à la France, la filière du vin compte près de 500 000 acteurs. Il y a en France chaque année 10 millions d’œnotouristes dont 4 millions de visiteurs étrangers. [2]

La filière viticole, qui était en concertation avec le gouvernement, défendait une prévention plus pertinente. Elle s’était engagée à mobiliser 2 millions d’euros sur 4 ans pour participer à une campagne de responsabilisation des consommateurs. A l’heure actuelle, il n’est pas sûr que cette participation soit toujours d’actualité. Rappelons que l’alcool n’est pas mauvais pour la santé, c’est une mauvaise consommation qui est mauvaise pour la santé. La responsabilité et la modération sont donc plus à développer, et non pas la diabolisation de l’alcool.

 

[1] 5ème édition du baromètre IFOP/Vin & Société

[2] Atout France 2016

Agriculture : les producteurs de cerises étouffés par la politique macronienne

Ils sont épuisés, harassés par un gouvernement qui semble sans cesse favoriser la production étrangère à l’agriculture de nos terroirs. Depuis que la circulaire est tombée, le 5 mai dernier, les producteurs de cerises de Vaucluse sont dans l’incompréhension : le gouvernement a indiqué au Journal officiel autoriser les introductions en France de cerises fraîches produites dans un pays tiers ou un Etat membre de l’Union Européenne. Si la production des cerises de Vaucluse a récemment été bridée par l’interdiction d’utilisation du diméthoate, un insecticide efficace sur un moucheron attaquant le fruit, elle a subi un coup particulièrement pervers avec l’entrée sur le marché des cerises turques.

Les Turcs l’assurent : ils n’utilisent pas cette substance que le gouvernement juge dangereux pour la santé et auquel il n’apporte que des alternatives coûteuses, à l’efficacité limitée. Pire encore : l’usage de ces produits « vingt fois plus cher », si l’on en croit Monsieur Gilles Bernard (Modef Vaucluse) nécessiterait quatre à cinq fois plus de traitements dont les effets sur la production comme sur la santé des agriculteurs demeurent inconnus. « La Turquie n’est pas dans l’Union Européenne et n’est donc pas tenue de proscrire le diméthoate », déplore-t-il. « On nous jette en pâture sur le marché mondial […] Si l’on voulait nous ruiner, on ne s’y prendrait pas autrement », constate-t-il encore.

Et de fait : comment expliquer que le Ministre de l’Agriculture n’interdise pas l’importation d’une production qu’il bannit en France ? Comment expliquer qu’il soit resté silencieux face aux requêtes des agriculteurs de Vaucluse ? Subissant déjà les dramatiques intempéries climatiques, ceux-ci sont doublement condamnés par un gouvernement qui détruit leur métier en les noyant sous un flot de normes à l’utilité contestable.

Face à la crise, Marie-France Lorho s’est entretenue avec le préfet de Vaucluse ; une solution d’urgence pourrait être déployée, déclaration d’état de calamité qui pourrait permettre aux agriculteurs de bénéficier d’indemnités pour pallier cette situation inique. Pour autant, les délais pour la mise en place de la commission générale risquent d’être longs. Et le fruit des indemnités récoltés restera insatisfaisant en regard du préjudice causé à l’égard des producteurs de cerises. A l’heure où nos terroirs pâtissent de la politique inique du gouvernement, à l’heure où nos agriculteurs se désespèrent d’être traités avec moins d’égards que les producteurs étrangers, le Ministère va-t-il continuer à se murer dans le silence ?

L’impunité de la communauté turque en France

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’Intérieur sur les actions menées par a communauté turque de France à la suite de l’affichage de la une du Point dans les kiosques français. « Le 25 mai 2018 des militants pro-Erdogan ont saccagé et forcé le retrait des kiosques des affiches représentant la une du journal Le Point sous le titre « Erdogan, le dictateur » », a-t-elle souligné.

Elle a ajouté : « dans mon département de Vaucluse, la ville du Pontet a particulièrement subi ces affrontements, obligeant la police et la gendarmerie à intervenir en nombre pour garder les kiosques visés et assurer la sécurité des salariés ainsi que la protection des biens publics ».

Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho.

Maisons de santé : il y a urgence !

Marie-France Lorho a interrogé Agnès Buzyn sur la construction des maisons de santé. « En Vaucluse, les déserts médicaux constituent une problématique extrêmement importante. La construction de maisons de santé en PACA, qui n’en compte que vingt et une, est une véritable urgence », a-t-elle indiqué.

Retrouvez la question écrite de Marie-France LORHO.

Préservons la capacité d’action des Chambres de Commerce et d’Industrie de Vaucluse !

Marie-France Lorho a interrogé Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, sur la baisse du plafond de la TACVAE affectée au réseau des CCI. « Les Chambres de Commerce et d’Industrie constituent un intermédiaire essentiel de nos territoires. Restreindre leur portée contreviendrait au dynamisme commerciale des régions et entérineraient les disparités territoriales. Quelles dispositions comptez-vous mettre en œuvre pour préserver les CCI ? », a-t-elle souligné.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho.