En 2017, chaque semaine, les enfants de 1 à 6 ans sont restés en moyenne 4h37 sur Internet…

Les parents sont de plus en plus inquiets de l’addiction croissante des enfants aux écrans et réseaux sociaux. Pendant qu’ils appellent à l’aide, « le numérique redéfinit notre société [1]» et devient un enjeu majeur d’éducation. Les pouvoirs publics doivent répondre aux attentes des parents pour protéger les enfants des conséquences néfastes de ces addictions.

En 2017, chaque semaine, les enfants de 1 à 6 ans sont restés en moyenne 4h 37 sur Internet. Pour les 13-19 ans, c’était 15h 11[2]. Les écrans ont pris une place de plus en plus importante dans la vie de nos enfants et cette place risque d’augmenter encore et encore, à tel point qu’on peut parler d’addiction. En effet, il est désormais impensable pour nos enfants de partir à l’école sans téléphone ou de rentrer à la maison sans se précipiter sur la tablette ou l’ordinateur, rendant la télévision presque obsolète. Ce changement de société a même donné naissance à une dénomination : nos enfants sont des « digital native ».

Néanmoins, cette dépendance aux écrans ne doit pas cacher les conséquences néfastes d’une trop grande exposition que les académies de médecine du monde relèvent : obésité, myopie, affaiblissement de la concentration et de la réussite scolaire, baisse des capacités créatives, trouble du sommeil et du comportement… Les conséquences de l’addiction aux écrans ne sont pas que médicales : elles sont aussi sociétales. Ainsi, il est indéniable que les repas en familles ou les après-midi partagés sont dérangés par les smartphones et tout autre tablette.

Les parents manifestent leurs inquiétudes face à ce changement social : une enquête de l’UNAF menée auprès de 22 735 allocataires CAF montre que la gestion des écrans arrive en tête des besoins d’aide des parents devant la scolarité. Ces parents, qui se sentent souvent dépassés par les nouvelles technologies, doivent casser cette barrière pour ouvrir le débat en famille et poser des règles. Ils doivent aussi montrer l’exemple en bannissant leur utilisation d’écrans durant les moments en famille.

Toutefois, ce sont les pouvoirs publics qui, par l’éducation des enfants, l’organisation de réunions d’information pour les parents et, enfin, le changement de la législation sur les sites Internet, doivent être en première ligne. L’écran fait à l’heure actuelle écran aux relations dans les familles, il faut apprendre à optimiser l’utilisation de ces outils technologiques tout en minimisant leur impact négatif sur les familles, les enfants.

[1] Majid Mahjoubi dans le talkshow du 19 juin 2018 du Figaro

[2] Le Figaro du mercredi 20 juin 2018

Un jeune de 14 à 24 ans dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine !

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de la santé sur l’inquiétante croissance du visionnage, chez les jeunes gens, des films à caractère pornographique.

« Selon une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions et les fondations pour l’innovation politique et Gabriel-péri, un jeune de 14 à 24 ans dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine, dont 15% des 14-17 ans. Si ces chiffres sont déjà inquiétants, ils sont à relativiser car ils minimiseraient un comportement beaucoup plus répandu mais complexe à chiffrer en raison des tabous et de la peur de l’aveu aux parents », a-t-elle fait remarquer au ministre.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France LORHO à Agnès BUZYN.

 

Surexposition aux écrans : les enfants en danger !

« Le coût moral pour les familles est immense, le coût financier pour la société considérable », constatait récemment dans les colonnes du Monde le psychologue Sabine Duflo. La surexposition des enfants aux écrans est une réalité alarmante et présente un grave danger pour les jeunes gens qui en sont victimes. Répercussions sur le temps de sommeil, sur l’attention, le langage : les nombreux effets invoqués par le membre du Collectif surexpositions écrans (CoSE) font frémir. Passé l’âge de deux ans, un enfant pris en charge ne connaîtra peut-être jamais la rémission. Au-delà de ce seuil « le déficit peut rester important » et l’enfant peut présenter des retards de compréhension.

Déjà, en juillet dernier, mon prédécesseur Jacques Bompard interpellait le ministre de la Culture sur cette problématique. « A l’heure où 62% des enfants âgés entre 4 et 14 ans vivent dans un foyer équipé d’au moins quatre écrans et pratiquent en moyenne douze activités connectées », il est urgent de favoriser le sevrage vis-à-vis des écrans », avait-il alors souligné à Françoise Nyssen.

Et de fait: face à l’écran, l’enfant s’enferme en lui-même et risque de se développer dans un complet repli sur lui-même. Nicole Garret, responsable du centre nantais de la parentalité, indiquait à cet égard que les « écrans [participaient] pour les moins de 3 ans à une aggravation des comportements spécifiques d’autisme ». Le sevrage contribue à l’inverse à atténuer les troubles autistiques remarqués, dans l’éventualité où ils sont pris à temps.

Alors que la surexposition aux écrans évolue de façon alarmante, les recherches trop modestes menées à son sujet doivent inquiéter le ministère. Encourager la recherche indépendante dans ce domaine doit permettre de prévenir les cas de subordination des enfants aux écrans. Hélas, il est à craindre que la rue de Valois reste, comme elle en a pris l’habitude, une grande muette.