Marie-France

Lorho

Député de 

Vaucluse

Marie-France

Lorho

Mille premiers jours de vie : le gouvernement à l’heure du totalitarisme

Il l’annonçait jeudi dernier : alors que le projet de loi bioéthique entend créer de nouveaux types de familles, Emmanuel Macron a décidé de s’immiscer un peu plus dans la vie des parents. Tel est l’objet de la commission lancée à son initiative, en cette fin de mois de septembre, visant à « accompagner » les parents au cours des mille premiers jours de leur progéniture. « 90% se joue avant trois ans, et plus on est dans un milieu difficile, plus on se retrouve à organiser difficilement ces mille premiers jours », a ainsi asséné le président de la république.

C’est donc dans la vie des familles que le chef de l’Etat, sans enfants, entend s’insinuer : non content d’intervenir dans une sphère intime, son gouvernement a bien l’intention de dispenser ces leçons d’éducation que, le président en est sûr, ces « parents parfois démunis, terrorisés » appelleraient de leurs vœux. La déclaration présidentielle prêterait à sourire si elle n’était pas si grave : car cette aspiration à régenter la vie des familles, cette volonté d’encadrer tous les échelons de la société, s’apparente de plus en plus sérieusement à une ambition totalitaire.

La condescendance avec laquelle le président de la république aborde cette question des mille premiers jours de l’enfant soulève également une légitime interrogation : quel environnement sera estimé suffisamment satisfaisant pour le bon développement de l’enfant aux yeux des autorités gouvernementales ? Les parents qui vivraient dans un cadre plus modeste que d’autres devraient ils dès lors s’en disculper ? S’attaquant à la lutte contre « les inégalités de destin », Emmanuel Macron en vient à jeter l’opprobre sur des familles dont la gêne matérielle n’a pourtant rien à voir avec la façon dont ils élèvent leurs enfants. 

La suffisance d’un gouvernement qui entend réglementer la vie des familles et la forme même de la cellule familiale est éminemment inquiétante. Il n’est plus désormais nécessaire d’instruire les enfants, de leur dispenser un savoir d’ordre factuel. Non, désormais il faut que jusqu’aux hautes sphères présidentielles, on s’empare des jours les plus précieux des jeunes enfants afin d’encadrer la manière dont leurs parents, ces réfractaires, viendraient à contredire la pensée unique. Tout un programme !

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