Il aura fallu attendre une nouvelle législature pour que le gouvernement se décide à entendre une opinion différente de la sienne : à l’occasion de l’examen sur la loi maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19, l’Assemblée nationale s’est élevée contre la pérennisation de dispositifs liberticides.
Si nous n’avons pas réussi à ce que le gouvernement abandonne le traitement des données personnelles de santé des Français, j’ai déposé à l’encontre de cet article un amendement de suppression. D’une part parce qu’il est inacceptable que depuis près de trois ans, les données personnelles des Français fassent l’objet d’un examen par l’État ; cette scandaleuse immersion du gouvernement dans la vie personnelle des personnes ne doit en aucun cas perdurer. D’autre part, parce que les dysfonctionnements en matière de cybersécurité – et notamment quant aux plateformes de tests sans homologation de la DGS employées par les pharmaciens – se sont multipliés durant la crise sanitaire et doivent à tout prix être évités dans le futur. Je me suis donc opposée au passage de l’article 1er, qui n’est passé que d’extrême justesse.
C’est non sans fierté que mon amendement concernant la suppression de tests et des passes vaccinaux pour les mineurs a été adopté en Séance hier soir. Avec mon collègue RN Pierre Meurin, député du Gard, nous avons déposé un amendement identique visant à ce que les Français de moins de dix-huit ans ne soient pas soumis à ces mesures liberticides. Les populations jeunes ont très peu de risques de contracter une forme grave du virus : leur imposer de telles mesures relevaient d’un contrôle outrancier. Cette victoire s’est assortie d’une autre : celle du rejet de l’article 2. A 219 voix contre 195, nous avons arraché la fin d’une hypothétique réinstauration du passe sanitaire aux frontières.
Cette petite victoire en première lecture est le signe d’un changement de perspective pour la XVIe législature : à l’occasion de celle-ci, prouvons que le bon sens peut l’emporter !