Surexposition aux écrans : les enfants en danger !

« Le coût moral pour les familles est immense, le coût financier pour la société considérable », constatait récemment dans les colonnes du Monde le psychologue Sabine Duflo. La surexposition des enfants aux écrans est une réalité alarmante et présente un grave danger pour les jeunes gens qui en sont victimes. Répercussions sur le temps de sommeil, sur l’attention, le langage : les nombreux effets invoqués par le membre du Collectif surexpositions écrans (CoSE) font frémir. Passé l’âge de deux ans, un enfant pris en charge ne connaîtra peut-être jamais la rémission. Au-delà de ce seuil « le déficit peut rester important » et l’enfant peut présenter des retards de compréhension.

Déjà, en juillet dernier, mon prédécesseur Jacques Bompard interpellait le ministre de la Culture sur cette problématique. « A l’heure où 62% des enfants âgés entre 4 et 14 ans vivent dans un foyer équipé d’au moins quatre écrans et pratiquent en moyenne douze activités connectées », il est urgent de favoriser le sevrage vis-à-vis des écrans », avait-il alors souligné à Françoise Nyssen.

Et de fait: face à l’écran, l’enfant s’enferme en lui-même et risque de se développer dans un complet repli sur lui-même. Nicole Garret, responsable du centre nantais de la parentalité, indiquait à cet égard que les « écrans [participaient] pour les moins de 3 ans à une aggravation des comportements spécifiques d’autisme ». Le sevrage contribue à l’inverse à atténuer les troubles autistiques remarqués, dans l’éventualité où ils sont pris à temps.

Alors que la surexposition aux écrans évolue de façon alarmante, les recherches trop modestes menées à son sujet doivent inquiéter le ministère. Encourager la recherche indépendante dans ce domaine doit permettre de prévenir les cas de subordination des enfants aux écrans. Hélas, il est à craindre que la rue de Valois reste, comme elle en a pris l’habitude, une grande muette.