D’ici 2020, 30 % de nos praticiens hospitaliers vont devoir partir à la retraite

Marie-France Lorho est intervenue en Séance sur le texte visant à sécuriser les praticiens diplômés hors de l’Union Européenne. “J’entends que ce texte vise à répondre à une situation dont on connaît l’urgence, a-t-elle souligné. Cette urgence, c’est celle du départ d’une génération de nos médecins : d’ici 2020, ce sont près de 30 % de nos praticiens hospitaliers qui vont devoir partir à la retraite. Ce sont près de 12 500 postes qui vont être vacants. Cette urgence, c’est celle d’une désertification médicale qui devrait constituer l’une des premières préoccupations de ce gouvernement”.

Retrouvez l’intervention de Marie-France LORHO.

 

« Sécurisation des praticiens à diplôme hors Union Européenne » : un texte insuffisant !

Alors que les déserts médicaux sévissent à travers le territoire français, le texte déposé à l’Assemblée Nationale pour sécuriser les praticiens diplômés hors de l’Union Européenne aurait pu ouvrir des pistes de réflexion intéressantes. Pourtant, si les médecins diplômés hors de notre pays exercent en France, l’absence d’encadrement de leur statut soulève des problématiques importantes : à l’heure où les territoires sont désertés de leurs médecins, ne faudrait-il pas lancer des pistes de réflexions pour que ces praticiens voient leurs acquis validés et puissent enfin exercer au service des Français ?

C’est ce qu’a proposé Marie-France Lorho dans ses amendements ; consciente des conséquences dramatiques qu’engendrent les déserts médicaux, le député de Vaucluse a dénoncé l’absence de pérennité des dispositions soulevées par le texte de l’Assemblée Nationale. « Prolonger de deux ans l’exercice des Praticiens à diplôme hors Union Européenne ne constitue en rien une réponse pérenne aux problèmes rencontrés par ces praticiens, a-t-elle expliqué. A deux reprises, cette échéance a été prolongée pour ces médecins, qui devaient déjà quitter le territoire il y a quatre ans », a-t-elle ensuite constaté.

Alors que l’on compte entre 13 000 et 14 000 praticiens diplômés hors UE dans des établissements français, il est nécessaire que les personnels concernés n’y ayant pas encore trouvé une place puisse exercer la médecine auprès des Français de manière à combler l’absence des médecins sur notre sol. D’ici 2020, ce sont près de 30 % des praticiens hospitaliers qui vont devoir partir à la retraite et près de 12 500 postes qui vont être vacants. Au lieu de proposer l’extension des modalités de concours visant à rendre les médecins diplômés hors de l’UE aptes à l’exercice sur le territoire français, le texte débattu à l’Assemblée n’a pourtant pas défini de manière claire le statut de ces praticiens. Il n’aura pas non plus creusé de véritables sillons pour lutter contre les déserts médicaux alors même que ce motif doit constituer le premier objet de la présence de ces praticiens à diplôme hors UE sur le sol français.