Bioéthique : l’importation de la gestation pour autrui, c’est maintenant !

C’est une circulaire du gouvernement qui devrait très bientôt l’annoncer : les enfants nés de mères porteuses à l’étranger vont bénéficier d’une filiation artificielle cautionnée par l’État français ! Les personnes qui auront sciemment exploité le corps d’une femme pour porter un enfant deviendront les « parents d’intention » et leur « enfant » sera reconnu par l’État. Le gouvernement va donc accepter de transcrire automatiquement la filiation des enfants nés de GPA à l’état-civil, immisçant dangereusement la légalisation de la gestation pour autrui dans le droit français.


Car c’est la véritable problématique qui s’ouvre avec cette inscription : en autorisant l’inscription à l’état-civil, le gouvernement encourage la pratique de la gestation pour autrui, indiquant aux couples qui en usent hors de nos frontières qu’ils ne seront pas sanctionnés pour en avoir fait usage. Inversant cet axiome, les militants de cette pratique d’exploitation du corps des mères indiquent qu’il en va du bien de l’enfant, jusqu’alors dénué d’état-civil. Ce sont pourtant ces parents, partisans d’une pratique qui va inciter les femmes à abandonner l’enfant qu’elles auront porté neuf mois durant contre monnaie sonnante et trébuchante, qui engendre ces enfants dénués de filiation réelle.

Consciente de la gravité de cette problématique, Marie-France Lorho avait interpellé le gouvernement. « À l’aube des États généraux de la bioéthique, avait-elle indiqué alors, la France doit réaffirmer sa volonté d’interdire toute pratique de la gestation pour autrui. Elle doit également promouvoir sa proscription définitive du territoire et la cessation de son importation. Les pays qui y avaient recours font marche arrière, à l’image de l’Inde, qui après l’avoir autorisé en 2002 a finalement interdit le recours à la GPA pour les couples étrangers », écrivait-elle encore.

En 2017, la Cour de Cassation indiquait que « la prohibition de la GPA par la loi française poursuit un but légitime de protection des enfants et des mères porteuses ». Une indication que le gouvernement semble avoir enterré. Les sombres perspectives dessinées par le projet de loi bioéthique, contre lequel Marie-France Lorho a déposé près de 50 amendements en commission spéciale, laissent présager le pire quant à la future adoption de la GPA en France…