La France est-elle libre au Proche-Orient ?

 

« Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60% des exportations d’armement […] Sur la période 2008-2017, cette région a représenté 40% des ventes de l’industrie française d’armement ». Le rapport 2018 remis au Parlement sur les exportations d’armement de la France souligne l’importance du marché oriental dans la clientèle française. Pour la seule année 2017, cinq pays de la zone totalisent 3.9 milliards sur les 6.94 milliards d’euros de commandes d’armement que reçoit la France. Parmi les cinq meilleurs clients de ce marché lucratif ? En première position, le Koweït, suivi du Qatar, avec 1.089 milliard d’euros d’achats militaires, les Emirats arabes Unis, en troisième position, avec 701.5 millions d’euros et l’Arabie Saoudite, avec 626.3 millions d’euros.

A l’heure où la Coalition arabe, composée dans ses premiers rangs de l’Arabie Saoudite, du Koweït et des Emirats Arabes Unis, ravage le Yémen, la question de l’indépendance de la France à l’égard de ce pays demeure entière. L’intervention, depuis mars 2015, par ordre du commandement saoudien, a engendré près de 10 000 morts ; elle a engendré « la pire crise humanitaire au monde », au dire de l’ONU, et des situations de famine dramatiques. Le même organisme international a annoncé aujourd’hui la mort, en trois ans de conflit, de près de 2 200 enfants. Un nombre conséquent, qui risque de se voir réévalué à la hausse…Comment la France, qui fournit l’arsenal militaire des pays majeurs de la Coalition, pourrait-elle légitimement adopter une position légitime vis-à-vis de la situation yéménite ?

Il en va de même avec la Turquie. Alors même que le rôle ambigu du pays dans la déstabilisation de la Syrie et du reste de la région n’a toujours pas fait l’objet d’une réelle interrogation de la part des organismes mondiaux comme de la France, cette dernière vend pour près de 200 millions d’armes au pays d’Erdogan. Après avoir armé les coalitions terroristes, la France ferme donc les yeux pour armer une armée qui, trois ans plus tôt, laissa sciemment les islamistes terroristes pénétrer en Syrie…

Avec de tels clients, il est à craindre que l’Etat français ne puisse adopter aucune posture crédible au Proche-Orient ; la France ne peut se payer luxe de voir la porte d’un marché si juteux se refermer brusquement. A l’heure où notre pays renonce peu à peu à son implantation en Iran pour répondre aux velléités des Etats-Unis, va-t-elle bientôt renoncer à son libre-arbitre au Proche-Orient, au titre des fructueux échanges commerciaux conduits avec les pays du Golfe ?

L’impunité de la communauté turque en France

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’Intérieur sur les actions menées par a communauté turque de France à la suite de l’affichage de la une du Point dans les kiosques français. « Le 25 mai 2018 des militants pro-Erdogan ont saccagé et forcé le retrait des kiosques des affiches représentant la une du journal Le Point sous le titre « Erdogan, le dictateur » », a-t-elle souligné.

Elle a ajouté : « dans mon département de Vaucluse, la ville du Pontet a particulièrement subi ces affrontements, obligeant la police et la gendarmerie à intervenir en nombre pour garder les kiosques visés et assurer la sécurité des salariés ainsi que la protection des biens publics ».

Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho.

Turquie : l’Union Européenne envoie 68 millions d’euros pour un pays qui soutient les rebelles islamistes !

Marie-France Lorho est intervenue en Séance sur le prélèvement sur recettes au profit de l’Union Européenne. « La Turquie a commis une grave erreur en soutenant les rebelles islamistes en Syrie, allant jusqu’à appuyer des attaques dans des villages neutres, a-t-elle indiqué. Les réfugiés syriens passent en outre par des territoires où un conflit interne turc oppose des Kurdes et l’armée. Nous envoyons donc 68 millions d’euros sans capacité de contrôle à un État qui durcit la répression des journalistes et la répression de la société civile. Il ne suffit pas de signer 68 millions d’euros à Paris ou à Bruxelles pour que cela aille aux réfugiés en Syrie« .

Retrouvez l’intervention de Marie-France Lorho en Séance.

https://youtu.be/FjVe2pFeb2Y

Le gouvernement turc à l’assaut de la politique européenne !

Marie-France Lorho a déploré l’intrusion politique du gouvernement turc dans les affaires européennes.

« L’immixtion d’un membre de l’exécutif turc dans les affaires européennes devient de plus en plus récurrent : Ömer Celik, ministre turc en charge des affaires européennes, s’y était déjà essayé, dénonçant par l’intermédiaire des réseaux sociaux les ennemis de la Turquie en les personnes des ministres des affaires étrangères allemand et autrichien », a-t-elle fait remarquer au Ministre des affaires étrangères au détour d’une question écrite.

Retrouvez la question écrite du député de Vaucluse.