Marie-France

Lorho

Député de 

Vaucluse

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Pornographie : dénoncer ne suffit pas !

« La pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre, qui a fait de la femme un objet d’humiliation ». Pour Emmanuel Macron, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes fut une nouvelle occasion d’user d’une condescendante démagogie sans s’atteler à la résolution d’un problème de fond : l’expansion de la pornographie.

 Depuis près d’une décennie, sa consommation s’est dangereusement accrue, passant en 2005, d’un taux de visionnage sur Internet de 17% chez les Français de 18 à 69 ans à près de 60% en 2014 (sondage IFOP). Le fléau s’accroît chez les jeunes gens : les moins de 25 ans sont près de 75% à s’être déjà rendus sur un site pornographique. Un second sondage indique que le taux d’adolescents de 15 à 17 ans ayant déjà visité un tel site est passé de 37% en 2013 à 51% en 2017.

Le désastre atteint aussi bien les hommes que les femmes, objets de réification permanente. La croissance de la demande engendre des scénarios dramatiques (scénarios racistes, viols, …), condamnent les actrices aux anti dépresseurs, antidouleurs, anxiolytiques… et les acteurs aux dopants. Des cas de transmissions de maladies et infection (IST) sont fréquemment évoqués. Quant au spectateur, c’est à l’addiction qu’il est confronté. 46% des Français ayant regardé un film pornographique ont récidivé régulièrement et le site YouPorn s’érige à la 26e place des sites les plus consultés au monde, avec 370 millions de visiteurs chaque mois. « Le cerveau s’habitue et réclame plus, plus hard et plus souvent », souligne à cet égard Michelle Boiron, sexologue. « Les pratiques sont de plus en plus hard. Nous atteignons un degré de violence inédite », souligne de son côté Ovidie, réalisatrice de films pornographiques.

La proscription des téléphones portables exigée par Jean-Michel Blanquer est en cela une disposition utile, qui permettra d’enrayer quelque peu ce phénomène très présent dans les écoles, notamment du fait de la multiplication des sites en accès libres sur Internet. Pourtant, d’autres solutions devraient être encouragées, à l’image de l’intervention de spécialistes (associations ou psychologues) dans les écoles.

A l’heure où différentes études pointent du doigt la proximité entre viols et vidéos pornographiques, lever l’omerta totale faite sur le sujet de la pornographie par la classe politique est essentiel. Malgré des lois censées limiter l’accès à la pornographie, l’accès gratuit a encouragé l’expansion de cette industrie malsaine ; les barrières de visionnage ne sont pas appliquées et l’identité des spectateurs, par carte bleue ou passeport, n’est jamais demandée. Dénoncer les conséquences désastreuses de cette industrie ne suffit pas : il faut en encadrer l’accès et en préserver les mineurs, qui retireront de ce visionnage des blessures profondes , dont ils resteront à jamais marqués.

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