Marie-France

Lorho

Député de 

Vaucluse

Marie-France

Lorho

La mise en scène est devenue traditionnelle à cette quinzième législature : il a fallu attendre l’été et la fin de l’année pour discuter d’un texte majeur, aux enjeux fondamentaux pour les libertés des Français. Comme l’année passée avec le projet de loi sur la bioéthique, le projet de loi sur la gestion de la crise sanitaire sera discuté dans la précipitation, sans laisser le temps de parole nécessaire au débat pour des parlementaires dont le temps de parole est limité au nom du passage en urgence du texte… 

Hier soir, à l’occasion de la discussion de nos amendements en commission des lois, notre temps de parole a été limité pour défendre des amendements examinés jusqu’à l’aube. A l’occasion de ces discussions, j’ai notamment demandé au gouvernement de clarifier sa position sur l’obligation vaccinale tacite qu’induit ce projet de loi : « imposer le passe sanitaire à toutes les personnes amenées à voyager sur le territoire ouvre la voie à une vaccination obligatoire pour tous. Aux personnels des services de transport concernés, qui n’ont pas les moyens de se faire tester tous les deux jours d’abord ; aux personnes contraintes de prendre le train dans le cadre de leur travail, ensuite. Et, de manière indirecte, pour tous les Français qui souhaiteraient voyager, ai-je souligné. Si tel est le souhait du gouvernement, alors qu’il l’applique et contraigne toute la population à la vaccination. Mais qu’il ne continue pas à expliquer aux Français qu’il leur laisse la liberté de choisir. Le caractère tacite de l’obligation contenue dans cet amendement nécessite d’être clarifié. C’est le sens de cet amendement ». 

Moi-même vaccinée, je suis opposée à l’extension de ce passe sanitaire parce qu’il bafoue le libre consentement des personnes à disposer de leurs corps. Parce qu’il contraint par la force les Français à subir des contrôles d’identité à longueur de journée. Parce qu’il oblige les personnels des musées, des cinémas, des restaurants, des transports, …, à assurer une mission de contrôle à mille lieues des missions qui sont celles de leurs métiers. Parce qu’il va entraîner, dès le lendemain de la promulgation de la loi, certains personnels soignants ou les pompiers qui souhaitent appliquer leur libre consentement à démissionner. Ces méthodes iniques, à mille lieues du respect de l’opinion des Français, au nom d’un état d’urgence qui, d’exceptionnel, est devenu pérenne, sont indignes de notre pays et j’y resterai opposée.