Francisation des vins espagnols : ce sont nos terroirs qu’on assassine !

Emmanuelle Ménard et Marie-France Lorho ont rédigé une lettre ouverte destinée au Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation sur la problématique de la francisation des vins espagnols. « Les cas de francisation des vins concerneraient au quotidien plus de 70 000 hectolitres de vin, l’équivalent de 10 millions de bouteilles de rosé », soulignent les députés de l’Hérault et de Vaucluse.

Elles ont ensuite demandé au Ministre : « Vous aviez rencontré, en juillet 2017, votre homologue espagnol afin d’avancer sur ces questions. Une réunion plénière de ce comité devait avoir lieu avant juin 2018, à Madrid. Pouvez-vous nous indiquer, Monsieur le Ministre, si cette réunion a eu lieu et quels en sont les résultats ? Quelles dispositions comptez-vous prendre, Monsieur le Ministre, afin de lutter de manière urgente contre la dénaturation de nos vins et cette concurrence déloyale scandaleuse que subissent nos viticulteurs ? » 

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho et Emmanuelle Ménard à Stéphane Travers.

Définir le vin naturel c’est laisser l’authenticité de nos terroirs s’exprimer !

Reprenant la tradition française de défense des méthodes de production saines et respectueuses des vignes et de la terre, Marie-France Lorho s’engage pour la définition du vin naturel. Témoins de lieux, de terres et de climats différents, les vins sont la preuve vivante de la diversité de nos terroirs. Laissons-les s’exprimer en définissant législativement le vin naturel, encourageons et protégeons nos vignerons en leur donnant la possibilité de vivre de leur travail.

Le vin naturel est produit par des méthodes de travail particulières, par un assemblage d’arômes différents qu’il convient de reconnaître et de promouvoir au même titre que les autres vins. Le vin naturel, c’est l’ambition sur l’ensemble du processus de production de se plier à la plus noble des règles : celle de la simplicité. Simplicité à l’ouvrage et réappropriation de méthodes ancestrales, pour retrouver en bouche l’explosion de saveur que nous réservent nos territoires.

Définir le vin naturel, c’est reconnaitre sa particularité, œuvrer pour retrouver l’expression naturelle du terroir et préserver le caractère vivant du vin, où les arômes ne sont pas masqués par d’autres composants. C’est promouvoir des vins au plus près de la qualité de goût des raisins, c’est s’abstraire des règles de rendement et de rentabilité pour chercher la typicité du terroir et l’originalité des arômes. C’est se laisser la possibilité d’être surpris par des goûts atypiques ainsi que par le savoir-faire faire de nos vignerons. Enfin, définir le vin naturel c’est le rendre moins flou auprès du consommateur, c’est agir avant que la grande consommation ne s’empare de ses codes à des fins commerciales. A cette fin, Marie-France Lorho s’engage pour la définition du vin naturel.

Retrouvez la proposition de loi de Marie-France Lorho.

 

Dépérissement de la vigne : nos terroirs sont menacés !

La maladie essaime, entraînant avec elle des parcelles entières de notre patrimoine viticole. Depuis une douzaine d’années, le dépérissement de la vigne porte atteinte à la santé des cultures, se développe dans toutes les régions de France. De la Touraine au Jura, elle a gagné tous les territoires et affecte entre 15 et 20 % du vignoble français. La cause de cette mort spontanée ? Les maladies du bois, dont l’esca constitue « la maladie la plus préoccupante » si l’on en croit l’Institut national de la recherche agronomique. Au même titre que l’eutypiose, ce complexe de champignons, la maladie se caractérise par l’attaque du bois par ces molécules, dont la présence est désormais avérée sur le continent américain, européen, australien, en Afrique du Sud ou encore au Liban…

La nécrose du bois engendre la destruction de plus de la moitié des parcelles viticoles et a des conséquences économiques inquiétantes. « Le dépérissement c’est violent, explique Jean-Martin Dutour, président de l’interprofession des vins du Val-de-Loire. C’est un peu comme la crise du phylloxéra au XIXe siècle. Dans certains domaines, cela représente 5% de rendement en moins chaque année. Ce qui veut dire qu’au bout de dix ans, la moitié » de la production a disparu ». La lutte contre la maladie est malaisée : le regreffe (meilleure alternative proposée jusqu’alors) s’il est peu onéreux, requiert un temps précieux. Et le retour normal à la production nécessite plusieurs années… Ça et là, les chambres d’agriculture proposent des formations pour dispenser la connaissance de cette technique, moins coûteuse que la complantation (remplacement des ceps morts).

Le caractère multifactoriel de la maladie rend difficile toute guérison : qu’elles proviennent du terroir, du cep, des bactéries, des bioagresseurs, du stress climatique ou des champignons, les causes sont nombreuses et les solutions de rétablissement délicates à trouver. En dépit de la maîtrise de la pluviométrie, sa stabilisation reste difficile à obtenir. La seule solution adéquate, la diffusion d’un arsénite de soude qui permet de lutter efficacement contre les maladies du bois, n’est plus possible depuis que Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, l’a fait interdire en 2001 en raisons des risques cancérogènes de la substance. Certes, la prohibition du produit est légitime mais aucune alternative n’a été proposée depuis.

« Le manque à gagner pour le vignoble français pourrait atteindre jusqu’à 1 milliard d’euros chaque année, quasiment 10% du montant global », estime-t-on dans les colonnes du Figaro. Le gouvernement a lancé des programmes successifs en juin, dans la perspective du Plan national dépérissement du vignoble ; l’État le promet : il doit être alimenté à hauteur de 10,4 millions d’euros entre 2017 et 2022. Reste à espérer que les promesses aboutiront, et qu’elles ne se solderont pas, à l’image du plan européen sur la PAC en cours de discussion, par une réduction conséquente de son budget.