Seine-Saint-Denis : la santé publique en danger !

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de la Santé et des Solidarités sur la remise en service des distributeurs de seringues destinés aux toxicomanes en Seine-Saint-Denis. « La fin de l’utilisation de ces distributeurs faisait suite aux graves problèmes sanitaires soulevés par la présence, dans l’espace public, de seringues usagées – notamment dans la commune adjacente de Sevran« , a-t-elle souligné.

« Je m’étonne par ailleurs que la Présidence du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis ait donné des gages supplémentaires de cette conduite à risque en aspirant à la mise en place d’une salle de « shoot », sur laquelle elle travaillerait, ironiquement, en concertation avec l’Agence Régionale de « Santé » », a-t-elle ajouté.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho à Agnès Buzyn.

Prison : un héritage laxiste bien assuré !

Certains plaident pour les peines alternatives ; d’autres considèrent, à l’heure où la France compte 70 000 détenus pour 60 000 places, que toute nouvelle construction de places est « une fausse bonne idée » : les conditions de vie de la population carcérale semblent davantage préoccuper les députés de la majorité LREM que l’application de sanctions justes à l’encontre de criminels patentés. En cela, ils ont trouvé en le contrôleur des lieux de « privation de liberté » un allié de poids : Adeline Hazan, interrogée la semaine dernière à la Commission des lois, a rappelé que l’incarcération devait rester le « dernier recours » et plaide pour que les détenus puissent bénéficier de leur téléphone portable en prison. Le laxisme du garde des sceaux le plus emblématique du quinquennat passé doit savourer l’héritage si ardemment défendu…

Dans la perspective de l’élection présidentielle, la fin du quinquennat Hollande avait pourtant marqué un regain d’intérêt du politique sur la question, dans le cadre du projet « plan prison ». Mais des vingt-quatre établissements pénitentiaires arrachés aux préfets, des propositions de terrains constructibles représentant près de 10.000 places de prisons et des autorisations d’engagements à hauteur de 924 millions d’euros – mesures mises en œuvre sous l’impulsion de Jean-Jacques Urvoas – que reste-t-il sinon une posture démagogique abandonnée au lendemain de la défaite de la gauche en mai dernier ?

Dix mois après l’ébranlement général, rien ne demeure des mirobolantes promesses du quinquennat passé. Aucune de ces perspectives ne figure en effet dans les dossiers de l’agence publique pour l’immobilier judiciaire. A la Chancellerie, on continue de défendre avec confiance le programme lancé en octobre dernier, assurant que si « aucune opération n’avait été lancée » et que de « nombreux sites restent à trouver », les 15 000 places de prison supplémentaires seront bien construites. Des places partagées entre 33 établissements pénitentiaires et 15 quartiers de préparation à la sortie, alors même que dans certains établissements, trois détenus se partagent des cellules pour deux personnes….

D’un quinquennat socialiste à son successeur macroniste, les promesses s’envolent au rythme auquel se profèrent les mensonges : le projet de loi de finances de 2018 indique que la Chancellerie n’a prévu que 72.5 millions d’euros pour le financement des nouveaux projets. Plus occupés à défendre les conditions de bien être de prisonniers qui peuvent désormais tourner des clips de rap[1] que de s’occuper de la sécurité des Français, le gouvernement repousse les échéances de constructions. De l’Ile de France à la PACA, en passant par le département de la Seine-Saint-Denis, la surpopulation carcérale est une priorité de sécurité publique. Faire « preuve de pédagogie auprès des victimes pour que ces dernières comprennent que les peines alternatives sont aussi des peines » comme le préconisait la semaine passée un député LREM n’aura pour effet que la recrudescence de la criminalité.

 

 

 

 

[1] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/08/10/97001-20170810FILWWW00038-un-clip-de-rap-filme-par-des-detenus-en-prison.php