Les pesticides provoquent-ils l’obésité et le diabète ?

« Nos résultats sont importants […] Ils permettent de renforcer la présomption d’un lien de causalité entre l’exposition de la population à des pesticides et le risque de troubles métaboliques ». Laurence Payrastre le sait bien : l’étude de l’Institut National de la recherche agronomique, qu’elle a mené avec ses collègues en partenariat avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, risque de changer la donne sur l’utilisation des pesticides. Les effets sanitaires de ces substances, par consommation alimentaire, auraient ainsi sur les humains un effet néfaste incontestable.

L’étude s’est penchée sur un cocktail de six pesticides courant à des niveaux réputés sans risque par les organismes patentés. Testés sur des rongeurs, les mélanges ont engendré une forte prise de poids parmi les sujets mâles, ainsi qu’une augmentation du taux de masse grasse et un diabète. « C’est la première fois que les effets obésogènes et diabétogènes d’un cocktail de produits phytosanitaires actuellement en usage sont mis en évidence », indique-t-on dans les colonnes du Monde. Mise en parallèle avec des données de la cohorte NutriNet, la conjonction des rapports propose un bilan sans appel : les consommateurs d’aliments bio auraient ainsi un risque bien moindre d’être sujets au surpoids ou de souffrir des syndromes précurseurs du diabète.

« Nous avons sélectionné ces six substances parce qu’elles figurent parmi les plus fréquemment retrouvées dans les fruits et légumes », indique encore Laurence Payrastre. Réputées sans danger par l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA), les substances comportent donc des résultats alarmants, Plus encore : l’alliance des différentes substances provoquerait des effets imprévisibles.  Parmi eux, l’intolérance au glucose est particulièrement dramatique. « On observe en fin d’expérience une hyperglycémie à jeun chez les animaux mâles exposés, ce qui est un signe évocateur de diabète », expliquent encore les chercheurs.

A l’heure où le diabète est en constante augmentation dans le pays, concernant près de 425 millions de personnes dans l’année pour l’année 2017- un adulte sur onze ! – il est urgent de ne pas encourager la dynamique. En France, ce sont près de 3,3 millions de personnes qui étaient soignées pour cette maladie en 2015 ; un mal qui coûte 8 milliards d’euros à l’Assurance Maladie chaque année…. Au même titre qu’il est nécessaire d’ouvrir une commission d’enquête sur les produits pouvant porter atteinte aux agriculteurs qui sont en permanent contact avec, il est urgent de mettre en lumière les substances nocives à l’homme pour enrayer une catastrophe sanitaire dont les effets vont commencer à se ressentir d’ici quelques années seulement…

Monsanto – Bayer : une consanguinité chimique !

Marie-France Lorho a interrogé le Ministre de l’Agriculture sur le mariage prochain des groupes Monsanto et Bayer. « La faiblesse des prix agricoles mondiaux pousse déjà les agriculteurs à réduire leurs dépenses, a-t-elle indiqué. Inquiète des risques de la concurrence des pesticides et les semences – où Monsanto et Bayer sont dominants- la Commission européenne a ouvert une commission d’enquête en ce sens, dont le rapport doit être rendu au 8 janvier. Quelle posture le Ministère de l’Agriculture français va-t-il adopter à cet égard ? ».

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France LORHO.