Libye : est-il légitime que la France s’arroge un droit de regard sur ses élections ?

Marie-France Lorho a interrogé le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur l’engagement français quant à la tenue, le 10 décembre prochain, des élections présidentielle et législatives. « Il est douteux, a-t-elle fait remarquer au Ministre, que des élections organisées avec l’aide de la France en ce pays se voient couronnées d’un succès pérenne eu égard au rôle joué par notre pays en Libye par le passé ». 

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho.

En Italie, l’immigration recule !

Alors que le gouvernement français laisse l’immigration illégale et ses trafics corolaires s’accroître en toute impunité sur son territoire[1], l’Italie mène une politique dynamique pour faire reculer les vagues migratoires qui affluent encore sur les côtes et à la frontière sud, entre la Libye et le Niger. Depuis le début de l’année, le taux de « migrants » illégaux pénétrant sur son territoire au détour des frontières côtières a chuté de 22%, tandis que la lisière sud a comptabilisé 35% moins de passage. En dépit de la modestie de ce succès, au regard du nombre de personnes ayant déjà pénétré sur le territoire, il convient de saluer les efforts du ministère de l’Intérieur italien, qui, sans admettre avoir résolu « le problème des migrants », s’emploie à juguler ces arrivées massives.

En étroite collaboration avec les services intérieurs libyens, le ministère de l’intérieur italien a œuvré au renforcement de la capacité opérationnelle de cet Etat, manière efficace pour lutter contre les trafiquants.  A la fin du mois d’août, la signature du protocole d’accord sur la lutte contre le terrorisme et les trafics par les procureurs antimafia et antiterrorisme italiens soulignait la volonté forte des deux parties de fortifier la coopération entre leurs services policiers et judiciaires. Une collaboration qui s’est également matérialisée par la livraison d’une dizaine de vedettes italiennes à la Libye, qui ont permis aux garde-côtes libyens de ramener 16 500 « migrants » sur leur terre et d’assurer 60% des sauvetages en mer.

En s’adressant de cette manière aux pays directement concernés par ce dramatique déferlement migratoire, Marco Minniti, Ministre de l’Intérieur italien, a fait preuve d’une volonté politique volontaire, qui a permis de mener des inspections en terre libyenne[2] dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le trafic d’êtres humains. De même, la création du cabinet de crise – rassemblant les ministres de l’Intérieur de Libye, du Niger, du Tchad et du Mali – visant à œuvrer avec les forces en présence pour mettre en œuvre un contrôle accru aux frontières[3] est le signe d’une politique dont le bon sens devrait encourager le gouvernement français à s’éveiller de sa torpeur.

Depuis le début de l’année, l’Organisation internationale des migrations, avec qui sont menées des opérations de retour, a pu rapatrier près de 7 300 immigrés volontaires chez eux.  Elle compte sur le retour de 15 000 à 20 000 immigrés chez eux d’ici le mois de décembre. Preuve que la politique volontaire de l’Italie à l’égard de l’immigration massive porte ses fruits… Cette modeste victoire n’est pourtant qu’un premier pas dans le marasme que constitue la gestion de flux migratoires, devenus incontrôlables du fait de la lâcheté des dirigeants européens. Des migrations dramatiques, qui déracinent les populations autochtones, peuples arrachés à leur Histoire et leurs familles.

[1] La Voix du Nord, 22.09.2017, Boulogne : un camion transportant une quinzaine de migrants intercepté par la police.

[2] Depuis le 2.02.2016, date à laquelle a été signé un accord avec le gouvernement de Fayez al-Saraj (Tripoli).

[3] Le Ministre de l’Intérieur a reçu des représentants de certains ethniques africaines, pour souscrire un pacte et constituer « une véritable force de surveillance de la frontière appelée les « gardiens du désert » ». Figaro, Migrants le plan italien pour la Libye, 21.09.2017.