Avortement : supprimer la clause de conscience, une violence faite aux femmes et aux médecins !

Il fallait s’y attendre : après sa proposition de loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’IVG, votée il y a deux ans au parlement par la majorité socialiste, Laurence Rossignol renouvelle ses attaques contre la liberté d’expression sur la question de l’avortement. En 2016, celle qui était alors ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes avait déjà ordonné la fermeture des sites promouvant des alternatives à la pratique des interruptions médicales de grossesse ; devenue sénatrice, Laurence Rossignol entend en finir avec l’expression d’une opinion autre que celle des groupes de pression féministes sur cette douloureuse question.

Car l’idée n’est pas nouvelle : déjà en 2013, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes demandait à ce que soit supprimée la clause de conscience permettant aux médecins de ne pas pratiquer des avortements au titre de leurs convictions personnelles. Une mesure toute symbolique, alors que deux avortements sur trois sont réalisés par voie médicamenteuse… A l’heure où 216 000 IVG sont pratiquées en France chaque année[1], l’ancien ministre ose proclamer que « la clause de conscience spécifique à l’IVG est [une mesure] dont la seule finalité est de culpabiliser et dissuader les femmes ». Laurence Rossignol entend-t-elle forcer les médecins à pratiquer un acte au détriment de leurs convictions ? A les contraindre d’exercer un acte contre leur conscience alors qu’eux-mêmes sont tenus, suivant le serment d’Hippocrate[2], de ne pas « forcer les consciences » de leurs patients ?

« Cette clause est aujourd’hui le symbole d’un pouvoir médical qui s’arroge le droit de contester la loi et continue de se mobiliser pour contrôler le corps des femmes. C’est une menace constante et insidieuse qui pèse sur nous toutes », s’insurge encore la Sénatrice de l’Oise. Non contente de refuser aux médecins le droit d’exprimer leurs propres convictions, Laurence Rossignol infantilise encore les femmes, suggérant le caractère hégémonique d’un corps de professionnels sur leur propre conscience. On laissera aux personnes concernées le soin de juger la malhonnêteté du procédé rhétorique.

 « On sait trop les violences psychologiques et physiques que peuvent ressentir des femmes lorsqu’elles sont en contact avec des médecins qui n’ont pas la volonté de le pratiquer », soulignait à raison Marlène Schiappa il y a peu. Il est à espérer que le secrétaire d’Etat chargé de l’Egalité entre les hommes et les femmes maintienne cette position de bon sens. A titre personnel, et à l’instar de Jacques Bompard, mon prédécesseur au siège de député de Vaucluse, j’aurai soin de faire entendre la conscience des médecins et des professionnels du corps médical qui ne souhaitent pas exercer ces actes médicaux. Il en va du respect de leur profession comme celui des patients dont ils sont responsables.

[1] Selon une étude de la Drees datée du 28.09.2018. Citée par le Figaro. 29/30.09.2018. IVG : la clause de conscience des médecins en question.

[2] « Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences ». Serment d’Hippocrate. Version du 5/01/2012.

Encore des attaques contre l’armée ?

Marie-France Lorho a interrogé le ministre des armées sur la privation de liberté dont sont victimes les généraux en 2ème section.

« Tenir les généraux 2S dans l’obligation du devoir de réserve alors même qu’ils ne sont plus liés à leur profession revient à brider leur liberté d’expression, disposition inconstitutionnelle au regard de l’absence de contractualisation à laquelle les a soustrait la réforme sur les retraites de 2010″, s’est-elle offusquée.

Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho ci-dessous.

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