Libye : est-il légitime que la France s’arroge un droit de regard sur ses élections ?

Marie-France Lorho a interrogé le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur l’engagement français quant à la tenue, le 10 décembre prochain, des élections présidentielle et législatives. « Il est douteux, a-t-elle fait remarquer au Ministre, que des élections organisées avec l’aide de la France en ce pays se voient couronnées d’un succès pérenne eu égard au rôle joué par notre pays en Libye par le passé ». 

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho.

Budget 2019 : le recul de la puissance française ?

A l’heure des arbitrages pour le budget 2019, une note interne au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères destinée au ministre Jean-Yves Le Drian prévient d’un « risque de décrochage » de la diplomatie française. Des coupes budgétaires dans les moyens de fonctionnement ou d’intervention du Quai d’Orsay pourraient avoir des conséquences majeures : ainsi, fin mai, une baisse de 10% des effectifs des fonctionnaires à l’étranger a été annoncée par Gérald Darmanin, ministre des comptes publics. Dans un article récent[1], Le Figaro détaille les effets de telles mesures.

Il s’ensuivrait une perte de leviers d’action en termes de coopération et de développement alors que des solutions politiques aux conflits en cours sont mises en avant dans les discours des autorités politiques. Cela pourrait aussi réduire ou supprimer les bourses scolaires, menaçant le système actuel des lycées français à l’étranger. Il est également possible de voir l’indemnité de résidence à l’étranger des diplomates ce qui d’après la note « produirait un effet désincitatif, voire la création de phénomènes endogènes : tentatives de corruption, perte d’indépendance… ».

Enfin, le plus préoccupant est la remise en question du maintien de la représentation permanente (RP) auprès de l’ONU à New York, réduit à un simple poste de présence diplomatique. Or aux vues de la baisse de nos contributions volontaires à l’ONU la « RP à New York ne pourra plus faire illusion plus longtemps ». L’abandon politique par la France de son siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU sera alors objectif, ouvrant la voie à son exploitation par l’Allemagne ou son utilisation comme siège européen. Ce serait là un pas vers le fédéralisme européen, tout cela pour un gain budgétaire limité, le Quai d’Orsay ne pesant que  1% du budget de l’Etat.

Si le président de la République a pu’ par son image et ses discours mener pour certains classements internationaux à une progression de l’influence française, il ne s’agit que d’une illusion due au retrait de l’Allemagne et du Royaume-Uni, alors que la France maintient encore le deuxième réseau diplomatique au monde qui « est de plus en plus une illusion ». En effet tout effort de gestion et de rationalisation ne peut être désormais poursuivi sans porter atteinte aux capacités d’action du ministère.

Un tel recul de notre diplomatie soulignerait le déclin de la puissance française qui, abandonnant une longue tradition d’influence extérieure, deviendrait une puissance secondaire. Quelle ambition pour la France porte donc ce gouvernement ?

[1] Le Quai d’Orsay craint son « décrochage » internationale, Alain Barluet, Le Figaro, vendredi 8 juin 2018, p.6

Proche-Orient : les chrétiens doivent bénéficier de la reconstruction !

Marie-France LORHO a interrogé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur la politique française de reconstruction au Proche-Orient. « Quels seront les premiers bâtiments auxquels la France apportera son concours financier ? Outre les fonds, la France envisage-t-elle d’envoyer du matériel et des équipes spécialisées ? En somme, quelles seront les mesures envisagées pour la participation de la France quant à la reconstruction au Proche-Orient ? » , a-t-elle souligné.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France LORHO à Jean-Yves le Drian.

 

Numérique : les impasses du gouvernement

Dans son billet Un dernier mot, le journaliste du Figaro Etienne de Montety nous rappelle que le mot inquiet vient du latin inquietus, troublé, agité. C’est bien l’agitation qui a caractérisé la réaction du gouvernement au numérique. Une agitation politique, d’abord, tant l’idée même d’un Conseil National du Numérique était baroque. Doit-il servir à lutter contre l’industrie du crime ou celle de la pornographie qui pullulent sur la toile ou imposer un conformisme béat aux déviationnistes qui n’adhèrent pas à la pensée unique ?

Comme à l’habitude, la composition de ce conseil reflétait le kaléidoscope de la gauche française, sans cesse cooptée par les médias et les puissants. On s’amuse en lisant le communiqué de départ de la présidente qui argue de « l’indépendance de pensée et de la diversité ». Pourtant Fdesouche et Eric Zemmour, qui cartonnent sur Internet, ne semblent pas être membres de ce conseil.

Les Français ont besoin de bénéficier de territoires désenclavés, de couverture et de sécurité des données. Ils ne souffriraient pas un nouvel organe de diffusion de la vérité d’un parti unique englué par l’intolérance de sa vision du monde. Jean-Yves le Drian et Mounir Mahjoubi signaient avant-hier une tribune précisant leur ambition numérique dans les Echos.

Il est dommage qu’elle néglige l’ambition que la société a désigné pour Internet : celle de restaurer une once de liberté dans des débats cadenassés par des télévisions porte-voix de leurs actionnaires et des journaux incapables de produire autre chose que l’ode convenue au cosmopolitisme et au changement qui tient lieu de programme aux apôtre du progrès depuis des décennies.

Face aux islamistes, rétablir nos liens diplomatiques avec la Syrie !

Marie-France Lorho a interrogé le ministre des Affaires étrangères sur les relations de la France et la Syrie. « Le 2 novembre 2017, le Haut comité des négociations refusait la tenue d’une conférence de paix proposée par la Russie. L’instance détenue par les rebelles refuse ainsi de négocier avec la Russie, puissance qui contribue depuis 2015 à l’éradication des factions islamistes terroristes sur le territoire syrien« , a-t-elle souligné. Elle lui a demandé quelles mesures le Ministère des Affaires étrangères allait mettre en œuvre pour rétablir les liens diplomatiques ancestraux unissant la France et la Syrie.

Retrouvez la question écrite de Marie-France LORHO.