Loi séparatisme : les raisons de mon vote à son encontre

C’est un texte fallacieux, une loi dont même le titre s’échine à dissimuler les véritables fondements : à l’occasion du vote, hier, de la loi visant à « conforter le respect des principes de la République », je me suis élevée à l’encontre d’un projet de loi qui, sous couvert de lutter contre le séparatisme islamiste sans jamais le citer, porte gravement atteinte aux libertés de nos compatriotes.

L’encadrement exacerbé de l’instruction en famille en est un exemple manifeste : en insinuant que l’enseignement islamiste serait dispensé au sein même des familles radicalisées, le gouvernement a limité une liberté fondamentale. Il a limité les possibilités d’instruction des français, alors même que des études ont démontré que l’IEF ne bénéficiait pas à ces familles… J’ai d’ailleurs déposé une proposition de loi invitant le Gouvernement à proposer un moratoire sur la modification législative de l’instruction en famille afin de revenir sur ces décisions graves et de manière à faire de la liberté d’instruction au sein de la famille un principe fondamental de l’enseignement scolaire.

L’immixtion inquiétante de l’Etat au sein des familles n’est malheureusement pas la seule faille de ce texte : l’insinuation des services publics au sein des institutions cultuelles constitue une démarche inédite, depuis la loi de 1905, proposée par ce projet de loi qui entend non seulement en régenter l’organisation mais aussi émettre un droit de regard sur les textes sacrés qui y sont défendus. Une ingérence scandaleuse du gouvernement, contre laquelle je me suis élevée au fil des 67 amendements déposés à l’encontre de ce texte. 

Sans jamais nommer l’islamisme, sans jamais prendre à bras le corps le problème migratoire, à la source de tous nos maux, ce projet de loi n’aura aucun des résultats escomptés. C’est la raison pour laquelle j’ai voté contre ce texte qui limite davantage les libertés des français qu’il ne freine le radicalisme islamique en notre pays.