Instruction en famille : la réponse insatisfaisante du ministre de l’Education nationale !

Le ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, a tenu à m’apporter quelques éclaircissements sur l’encadrement de l’instruction en famille, que je juge abusif à bien des égards. Force est de constater que les arguments soulevés par le ministère ne sont pas satisfaisants :

–> la soustraction des enfants au système scolaire présentée comme la « volonté de se mettre en marge de la société, de ne pas ou de ne plus vouloir que leurs enfants côtoient des enfants d’autres milieux ou d’autres confessions » est un argument fallacieux.

Comme je l’écrivais dans ma proposition de loi, l’enquête de MM. Dominique Glasman et Philippe Bongrand dans la Revue français de pédagogie soulignait que « les connaissances actuelles ne permettent en rien d’affirmer [que les familles radicalisées pratiquant l’instruction à la maison] seraient prépondérantes parmi les familles qui instruisent hors établissement… ». Les enquêteurs soulignaient par ailleurs que le « risque existe d’accorder moins d’attention au cas, beaucoup plus fréquent et banal, des parents qui déscolarisent leur enfant faute de pouvoir scolariser dans un établissement qui réponde à leurs attentes ». [Retrouvez ma proposition de loi invitant le Gouvernement à proposer un moratoire sur la modification législative de l’instruction en famille]

  –> le ministère plaide par ailleurs pour inscrire dans le droit commun l’accès à l’école, « que celle-ci soit publique, privée, sous contrat ou hors contrat ».

Le ministère oublie d’indiquer qu’il ne traite pas de manière équitable les écoles hors contrat ; comme le rappelle Anne Coffinier, la présidente de l’association Créer son école, les lycéens inscrits dans ces établissements n’auront pas le droit au contrôle continu au baccalauréat, à l’inverse de leurs contemporains du public et du privé sous contrat. Ce deux poids deux mesures est inacceptable ! [J’ai interrogé le gouvernement à ce sujet le 23 mars dernier ; retrouvez ici ma question orale sans débat].


Je ne peux en aucun cas cautionner la réponse du ministère de l’Éducation nationale, qui s’apprête à priver les parents de leur liberté fondamentale à instruire leurs enfants chez eux !

Retrouvez la lettre de Jean-Michel Blanquer à Marie-France Lorho.