Les CAF pour remplacer le juge aux affaires familiales ?

Marie-France Lorho s’est interrogée en commission des lois sur l’utilité des prérogatives accordées aux organismes de prestations familiales quant à la réévaluation des pensions. “J’ai déjà fait état des inquiétudes des professionnels de notre système judiciaire quant aux prérogatives accordées au dispensateurs des prestations familiales. Comme je soulignais plus tôt, j’estime qu’il est du ressort du juge, qui suit le dossier, et non de ces organismes dont la connaissance en est éloigné ou absente, de réévaluer les prestations familiales. Je propose donc ici la suppression de l’article”, a-t-elle souligné.

Retrouvez l’intervention de Marie-France Lorho.

https://youtu.be/wFzGf0RgZhw

En 2017, chaque semaine, les enfants de 1 à 6 ans sont restés en moyenne 4h37 sur Internet…

Les parents sont de plus en plus inquiets de l’addiction croissante des enfants aux écrans et réseaux sociaux. Pendant qu’ils appellent à l’aide, « le numérique redéfinit notre société [1]» et devient un enjeu majeur d’éducation. Les pouvoirs publics doivent répondre aux attentes des parents pour protéger les enfants des conséquences néfastes de ces addictions.

En 2017, chaque semaine, les enfants de 1 à 6 ans sont restés en moyenne 4h 37 sur Internet. Pour les 13-19 ans, c’était 15h 11[2]. Les écrans ont pris une place de plus en plus importante dans la vie de nos enfants et cette place risque d’augmenter encore et encore, à tel point qu’on peut parler d’addiction. En effet, il est désormais impensable pour nos enfants de partir à l’école sans téléphone ou de rentrer à la maison sans se précipiter sur la tablette ou l’ordinateur, rendant la télévision presque obsolète. Ce changement de société a même donné naissance à une dénomination : nos enfants sont des « digital native ».

Néanmoins, cette dépendance aux écrans ne doit pas cacher les conséquences néfastes d’une trop grande exposition que les académies de médecine du monde relèvent : obésité, myopie, affaiblissement de la concentration et de la réussite scolaire, baisse des capacités créatives, trouble du sommeil et du comportement… Les conséquences de l’addiction aux écrans ne sont pas que médicales : elles sont aussi sociétales. Ainsi, il est indéniable que les repas en familles ou les après-midi partagés sont dérangés par les smartphones et tout autre tablette.

Les parents manifestent leurs inquiétudes face à ce changement social : une enquête de l’UNAF menée auprès de 22 735 allocataires CAF montre que la gestion des écrans arrive en tête des besoins d’aide des parents devant la scolarité. Ces parents, qui se sentent souvent dépassés par les nouvelles technologies, doivent casser cette barrière pour ouvrir le débat en famille et poser des règles. Ils doivent aussi montrer l’exemple en bannissant leur utilisation d’écrans durant les moments en famille.

Toutefois, ce sont les pouvoirs publics qui, par l’éducation des enfants, l’organisation de réunions d’information pour les parents et, enfin, le changement de la législation sur les sites Internet, doivent être en première ligne. L’écran fait à l’heure actuelle écran aux relations dans les familles, il faut apprendre à optimiser l’utilisation de ces outils technologiques tout en minimisant leur impact négatif sur les familles, les enfants.

[1] Majid Mahjoubi dans le talkshow du 19 juin 2018 du Figaro

[2] Le Figaro du mercredi 20 juin 2018