Dépendance au marché du pétrole : la place de l’Arabie Saoudite dans le marché en question

Mme Marie-France Lorho interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la dépendance de la France au marché du pétrole saoudien. ” En 2017, selon l’INSEE, la France importait 6,2 millions de tonnes de pétrole, soit près de 10,8 % de ses importations totales. La France ne peut faire face à des fluctuations des prix du marché de près de 11 % de son pétrole. Elle lui demande quelles alternatives il envisage d’adopter dans le cas où la crise pétrolière saoudienne viendrait à perdurer.”

Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho.

Yémen : il faut créer un moratoire sur les licences d’exportations d’armement vers l’Arabie Saoudite !

A l’occasion de la sortie de son rapport sur les exportations d’armement de la France, le ministère a fait part de son souhait de porter un objectif de « transparence ». Qu’en est-il vraiment ? On y apprend beaucoup, sur la forme de la vente d’armement, certes, mais peu sur le fond. Le gouvernement explique ainsi que les 3/5ème de nos plus gros contrats sont destinés à des pays du Golfe, dont deux en particuliers : le Qatar et l’Arabie Saoudite. 

Les conflits qui se déroulent au Yémen ont engendré l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. La posture de la France quant à cette guerre civile doit respecter les accords de paix dont elle est signataire : il en va notamment de la préservation de l’aura dont jouit la France à l’international. Notre pays est engagé pour la paix dans le monde, mais « en même temps », le gouvernement vend sans restriction des armes à des pays finançant le terrorisme international. Il appuie, aussi, des pays sous embargo comme le Soudan, bourreau de sa minorité chrétienne. Il finance, enfin, les projets nucléaires d’alliés aussi dangereux que le Pakistan. 

C’est pourquoi Marie-France Lorho a proposé une résolution invitant le gouvernement à instaurer un moratoire sur les licences d’exportations d’armement vers l’Arabie Saoudite. Cela jusqu’à qu’aucun doute n’existe sur le fait que le royaume ne soit plus en contradiction avec nos engagement internationaux dans sa politique conflictuelle au Yémen.

En effet, comme souligné dans le rapport, l’Arabie Saoudite ne correspond en aucun cas à nos critères de vente : nous nous sommes engagés par exemple à refuser l’autorisation d’exportations s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression – ce qui est le cas dans le conflit yéménite.

Attachée à la préservation des équilibres géopolitiques dans la région, Marie-France Lorho, secrétaire du groupe d’amitié France-Yémen, porte à l’attention du parlement cette proposition de résolution à laquelle elle espère qu’il sera attentif.

Retrouvez la proposition de résolution de Marie-France Lorho. 

Mayotte : le département propose 70 000 euros de subventions pour organiser des pèlerinages à la Mecque

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’Intérieur sur l’utilisation de l’argent public par le département de Mayotte. “Le département de Mayotte a accordé un total de 70 000 euros de subventions à quatre associations dont l’objectif est d’organiser les pèlerinages à la Mecque, a-t-elle indiqué

Le 11 juin dernier, il a ainsi voté en faveur de cette subvention, soulignant que ces demandes répondaient à la nécessité de la population mahoraise, qui avait besoin d’être encadrée dans le cadre des départs des pèlerins pour l’Arabie Saoudite. Les quatre associations bénéficiaires ont reçu près de 70 000 € pour la prise en charge des billets d’avion, le transport interurbain et l’hébergement de l’équipe d’encadrement des pèlerins. Le département financera donc un peu moins de la moitié des voyages”. Elle a demandé au Ministre de l’Intérieur s’il allait mettre un terme à ces subventions “exorbitantes et démagogiques, qui constituent une utilisation injustifiée de l’argent public sur le territoire mahorais ?”

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho à Christophe Castaner.

 

Sanctions américaines contre l’Iran : vers une flambée des prix du brut

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les sanctions prononcées par les États-Unis sur le pétrole iranien. “Les États-Unis ont lancé des sanctions particulièrement sévères à l’encontre de l’Iran. Orientées sur l’importation de pétrole, ces condamnations risquent d’engendrer une flambée des prix du brut. L’application des sanctions s’est transformée en une opération de surveillance à grande échelle”, a-t-elle souligné. “La France va-t-elle s’élever à l’encontre des sanctions américaines contre l’Iran, qui sous des postures morales, n’incarnent que le triomphe de l’hégémonie économique des États-Unis sur le marché mondial ?“, lui-a-t-elle demandé.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France LORHO.

La RATP, main dans la main avec Riyad

Marie-France Lorho a interrogé le PDG de la RATP sur le marché gagné par la société française pour la construction du métro à Riyad. “Il me semble paradoxal, à l’heure où Riyad est engagé dans une guerre particulièrement sanglante au Yémen, que la France et ses entreprises cautionnent des tractations avec de tels partenaires”, a souligné le député.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho au PDG de la RATP.

La Fabrique de l’islamisme : un rapport au constat exact et aux solutions paradoxales

L’Institut Montaigne faisait récemment paraître un rapport sur les racines de l’islam radical en France. Dirigé par Hakim El Karoui, le rapport revient sur les facteurs d’expansion de cette idéologie et révèle des sources inédites, à l’image des 15 000 Saudi Cables appartenant au 122 619 documents utilisés par le ministère des Affaires étrangères saoudien et divulgués par Wikileaks en 2015. Pour cet ancien membre du cabinet du Premier Ministre (2002), l’islamisme constitue une idéologie mondialisée qui s’est diffusée en Occident par l’intermédiaire de ses acteurs, par la voie de ses organisations et de ses médias.

Pour le rapporteur, la montée du wahhabisme encouragée par l’Arabie Saoudite ne pèse que relativement sur l’Occident. Quoique les Saudi Cables aient démontré la manière dont le gouvernement saoudien entretenait des correspondances actives dans les ambassades étrangères ou des organisations comme la Ligue islamique mondiale, l’Arabie Saoudite exercerait surtout son influence sur les régions du monde à fort potentiel démographique, amenées à jouer demain un rôle essentiel. Le royaume déploie ainsi ses efforts financiers et diplomatiques en Afrique Subsaharienne, en Asie du Sud et dans les Balkans. Depuis les années 60, l’Arabie Saoudite a ainsi plus de 85 milliards de dollars, construit 1 359 mosquées et de 2000 écoles.

Le rapport semble plus alarmé encore sur la dynamique du salafisme exercée en Europe. Pour Hakim El Karoui, son accélération s’opère depuis une dizaine d’années, avec une multiplication « probablement par trois » du nombre de fidèles et de mosquées. Disposant de maillons à l’échelle locale, les salafistes cherchent à s’imposer via des structures locales, « des lieux de culte, très souvent de petite taille, des associations et de plus en plus d’écoles[1] ».Le nombre de mosquées et de fidèles salafistes est en constante augmentation. En France, le nombre d’adeptes « serait passé de quelques centaines dans les années 90 à 5000 en 2004, 15 000 ou 20 000 en 2015[2] ». Le rapporteur souligne par ailleurs que cette tendance s’inscrit dans une tendance de recrudescence de la pratique de l’islam de manière générale. « 32 % des personnes se disant musulmanes n’avaient pas du tout jeûné pendant le ramadan en 1989 alors qu’elles n’étaient plus que 20 % en 2011 », explique-t-il.

Hakim el Karoui conclut sur les mesure à prendre en France afin d’atténuer l’expansion de l’idéologie islamiste. Il préconise la création en France de l’association musulmane pour l’islam de France (AMIF) qui devra financer le culte musulman – notamment en gérant une « taxe halal ». Une centralisation de l’autorité des membres de l’islam dont on ne comprend guère la différence d’objectifs avec le Conseil français du culte musulman…  Le rapporteur incite ensuite à mobiliser le ministère de l’Education Nationale en lançant l’apprentissage de la langue arabe dans les écoles, mesure soutenue par le Ministre de l’Education Nationale. Si les constats chiffrés du rapport de l’Institut Montaigne s’avèrent exacts, l’islamisme progresse de manière inquiétante en Occident ; les solutions auxquelles aspire le rapporteur du texte, loin de combattre cet essor, vise à exercer un contrôle sur une branche radicale. Une volonté d’emprise qui risque, à l’instar des tentatives passées similaires, de s’avérer inutile.

[1] Fabrique de l’islamisme, Hakim el Karoui, Institut Montaigne, p. 59.

[2] Ibidem. p.60

Marie-France Lorho a alerté le Ministre de l’Intérieur sur les constats alarmants de ce rapport. Retrouvez sa lettre ci-dessous.

Accords avec l’Arabie Saoudite : la France participe-t-elle au désastre du Yémen ?

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur nos relations commerciales en matière d’armement avec l’Arabie Saoudite. “Notre pays aurait passé pour près de 19 millions d’euros de contrats avec Riyad en 2016. Le montant du matériel militaire livré par la France à la pétromonarchie s’élèverait pour cette même année à un milliard d’euros”, a-t-elle souligné.

Alors que l’Espagne recule devant certains des contrats passés avec ce partenaire, le soupçonnant d’user de ces armes à l’encontre de civils yéménites, quelle sera la position de la France sur la question ?

Retrouvez la lettre de Marie-France Lorho à Jean-Yves Le Drian.

 

L’indépendance de la France quant à sa vente d’armes : ouvrons une commission d’enquête !

C’est un marché florissant, dont l’essor est mondial et constant : l’armement fait l’objet d’une demande forte, qui s’est traduite par une progression de 14% entre 2011 et 2015. Les dépenses militaires mondiales atteignaient pour la seule année 2016 les 1 544.3 milliards d’euros, soit 2,2% du PIB mondial. Troisième marchand d’armes mondial, la France constitue un acteur incontournable du marché, connaissant une hausse de 27% de son taux de vente entre 2013 et 2017. Les ventes pour l’année 20108 devraient atteindre les 10 milliards d’euros, en regard des derniers contrats juteux ratifiés.

De l’Arabie Saoudite au Koweït en passant par la Qatar, la clientèle orientale de la France constitue la part la plus importante du marché. « Pour la seule année 2017, cinq pays de la zone totalisent 3.9 milliards sur les 6.94 milliards d’euros de commandes d’armement que reçoit la France. Parmi les cinq meilleurs clients de ce marché lucratif ? En première position, le Koweït, suivi du Qatar, avec 1.089 milliard d’euros d’achats militaires, les Emirats arabes Unis, en troisième position, avec 701.5 millions d’euros et l’Arabie Saoudite, avec 626.3 millions d’euros », expliquait Marie-France Lorho dans son dernier communiqué.

L’utilisation faite de ces armes au Proche-Orient soulève d’importantes questions éthiques, relevant d’une responsabilité nationale sur laquelle il semble difficile de faire toute la lumière. Car en dépit du traité sur le commerce des armes adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2013, c’est bien au gouvernement que revient la décision de vente. Et l’absence de transparence quant aux résultats de celles-ci, au même titre que le retard avec lequel l’information parvient au Parlement, induisent une grave responsabilité gouvernementale. Les assauts quotidiens menés par l’Arabie Saoudite au Yémen, qui assure agir au nom de la communauté internationale pour régler ces différends avec l’Iran, relèvent-ils de la responsabilité française ?

Houleux débat éthique, la question de l’indépendance politique française dans la perspective de la vente d’armes est soulevée au parlement par Marie-France Lorho, qui a déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à faire un état des lieux sur les ventes d’armes des entreprises françaises et notre indépendance politique à cet égard. « Ces ventes, bien qu’essentielles commercialement, sont aussi le terreau de relations stratégiques que la France souhaite entretenir avec certains pays. Ces relations stratégiques posent des questions de dépendance politiques : qui, du client ou du vendeur, à le plus besoin de l’autre à l’heure actuelle ? De là, les orientations et choix politiques sont-ils véritablement indépendants ? », s’y interroge-t-elle. Tant de questions auxquels se devrait de répondre l’Assemblée Nationale !

Retrouvez la proposition de résolution de Marie-France LORHO.

La France est-elle libre au Proche-Orient ?

 

« Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60% des exportations d’armement […] Sur la période 2008-2017, cette région a représenté 40% des ventes de l’industrie française d’armement ». Le rapport 2018 remis au Parlement sur les exportations d’armement de la France souligne l’importance du marché oriental dans la clientèle française. Pour la seule année 2017, cinq pays de la zone totalisent 3.9 milliards sur les 6.94 milliards d’euros de commandes d’armement que reçoit la France. Parmi les cinq meilleurs clients de ce marché lucratif ? En première position, le Koweït, suivi du Qatar, avec 1.089 milliard d’euros d’achats militaires, les Emirats arabes Unis, en troisième position, avec 701.5 millions d’euros et l’Arabie Saoudite, avec 626.3 millions d’euros.

A l’heure où la Coalition arabe, composée dans ses premiers rangs de l’Arabie Saoudite, du Koweït et des Emirats Arabes Unis, ravage le Yémen, la question de l’indépendance de la France à l’égard de ce pays demeure entière. L’intervention, depuis mars 2015, par ordre du commandement saoudien, a engendré près de 10 000 morts ; elle a engendré « la pire crise humanitaire au monde », au dire de l’ONU, et des situations de famine dramatiques. Le même organisme international a annoncé aujourd’hui la mort, en trois ans de conflit, de près de 2 200 enfants. Un nombre conséquent, qui risque de se voir réévalué à la hausse…Comment la France, qui fournit l’arsenal militaire des pays majeurs de la Coalition, pourrait-elle légitimement adopter une position légitime vis-à-vis de la situation yéménite ?

Il en va de même avec la Turquie. Alors même que le rôle ambigu du pays dans la déstabilisation de la Syrie et du reste de la région n’a toujours pas fait l’objet d’une réelle interrogation de la part des organismes mondiaux comme de la France, cette dernière vend pour près de 200 millions d’armes au pays d’Erdogan. Après avoir armé les coalitions terroristes, la France ferme donc les yeux pour armer une armée qui, trois ans plus tôt, laissa sciemment les islamistes terroristes pénétrer en Syrie…

Avec de tels clients, il est à craindre que l’Etat français ne puisse adopter aucune posture crédible au Proche-Orient ; la France ne peut se payer luxe de voir la porte d’un marché si juteux se refermer brusquement. A l’heure où notre pays renonce peu à peu à son implantation en Iran pour répondre aux velléités des Etats-Unis, va-t-elle bientôt renoncer à son libre-arbitre au Proche-Orient, au titre des fructueux échanges commerciaux conduits avec les pays du Golfe ?

Pétrole : les États-Unis s’imposent en chef d’orchestre du marché !

Marie-France Lorho a interpellé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les pressions exercées par les États-Unis sur le marché pétrolier. “Alors que l’Iran exporte près de 2,5 millions de barils par jour, les menaces proférées par les États-Unis pour faire respecter l’embargo contre l’Iran sont en tout point scandaleuses. Washington a en effet annoncé que ceux qui ne se conformeraient pas aux règles imposées sous leur joug se verraient infliger des sanctions à leur tour”, a-t-elle souligné.

Retrouvez la lettre ouverte de Marie-France Lorho à Jean-Yves le Drian.