Sécheresse : les effets d’annonce du ministre de l’agriculture

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur le plan d’urgence mis en place par son Gouvernement pour soutenir les agriculteurs durant la sécheresse.

La sécheresse frappe de plein fouet agriculteurs et viticulteurs de Vaucluse. La création d’un fonds d’urgence qui n’aura d’incidence qu’à la fin des périodes intenses de sécheresse n’a pas d’utilité, excepté un effet d’annonce politiquement opportun “, a souligné le député de Vaucluse.

Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho.

CETA : pourquoi j’ai voté non !

« Si je suis élu, je recevrai […] les conclusions [de l’accord de partenariat stratégique entre l’Union Européenne et le Canada] et j’en tirerai toutes les conséquences ». Le 1er mai 2017, le candidat Macron lançait une nouvelle promesse de campagne. Deux ans plus tard, force est de constater qu’elle est une énième promesse non tenue d’un Président de la République soumis aux pressions d’un libre-échange écrasant. 

Avec le CETA, Emmanuel Macron enterre le pouvoir des parlements nationaux, qui n’auront plus voix au chapitre lorsqu’il s’agira de s’exprimer sur ce type d’accord commerciaux, au profit d’une Union Européenne désincarnée et aux membres désunis. Désormais, les investisseurs privés traduiront en justice toute décision des pouvoirs publics qui contreviendrait à leurs exigences commerciales. En ratifiant cet accord, le gouvernement manifeste sa volonté de faire prévaloir les intérêts des multinationales sur les décisions nationales. 

Derrière les belles promesses de respect de la transition écologique et sociale du gouvernement, se dissimule un accord dévastateur. Emettant gaz à effet de serres et encourageant des exportations de combustibles fossiles croissantes, ce texte va engendrer l’augmentation exponentielle de flux dont ni l’Union Européenne ni ses Etats membres n’auront la possibilité de contenir. A l’heure où le ministre de la transition écologique se fait davantage remarquer pour ses écarts de conduite que pour ses réalisations écologiques, le CETA ne sera en aucun cas corrélé à l’obligation de réduire les effets dévastateurs qu’il induit en termes écologiques. 

Plus grave encore : l’amour du président pour les traités de libre-échange risque d’enterrer l’exception agricole française. Au dépens des producteurs, ce seront donc des produits aux qualités sanitaires contestables qui arriveront sur le marché français à des prix battant toute concurrence…. Le rapport Schubert alertait sur les risques sanitaires à courir avec cet accord : les importations canadiennes « affecteront négativement un secteur d’élevage déjà affaibli dans l’Union Européenne », soulignait-il. 

La paysannerie fait partie de notre terroir : un accord tel que le CETA lui porte un coup fatal, encourageant une concurrence déloyale et l’acheminement de produits de qualité médiocre. Une ratification en faveur du CETA est le signe d’un Etat qui favorise les intérêts de multinationales au détriment de sa paysannerie, corps même de notre patrimoine français. 

Macron : provocation pour les agriculteurs

Depuis le 28 août dernier, les Etats Généraux de l’Alimentation réunissent de nombreux acteurs du système.

En France, ces négociations sont déséquilibrées. Le manque de représentation du monde paysan modeste, le poids de la grande distribution et les entourloupes du ministère grèvent les espoirs de ces Français enracinés.

La lecture des chiffres sur le pays réel agricole est effrayante : taux de suicide, de divorce, de dépression, manque de revenus… : rien n’est épargné à ceux qui sont les piliers de nos terroirs.

Si Emmanuel Macron pense que la simple union des agriculteurs sera suffisante pour interrompre la guerre des prix, il fait une erreur colossale.

Il faut lutter contre toutes les formes d’appropriation du vivant qu’elles concernent la vie des agriculteurs ou la diversité naturelle.

Je ne peux que former le vœu d’une meilleure application dans la seconde phase de ces États Généraux de l’Alimentation.

Soyons aux côtés des agriculteurs, piliers de nos terroirs !

L’assemblée nationale discutera jeudi prochain d’une proposition de loi intéressante sur la compétitivité de l’agriculture française.

J’y ai ajouté quelques amendements qui approfondiront le texte, mais j’en soutiens l’inspiration.

Dimanche dernier avait lieu la journée commémorative des agriculteurs suicidés.

Rappelons que le suicide est la troisième cause de mortalité chez les agriculteurs, après les maladies graves qui ne sont pas sans lien avec le stress et les aléas imposés aux exploitants.

Ceux qui travaillent la terre sont les piliers de nos terroirs, nous devons être à leurs côtés.