Agression des membres du personnel hospitalier : la grande faillite de l’Etat !

Marie-France Lorho a interrogé le ministre de l’intérieur sur les réponses mises en œuvre face à la hausse des actions violentes menées contre les professionnels du système de santé. “Face aux agressions des membres du personnel hospitalier, question sur laquelle Mme la députée avait déjà interrogé le Gouvernement, certains hôpitaux ont décidé de s’organiser pour assurer la sécurité de leurs membres“, a souligné le député de Vaucluse. Elle a demandé au ministre quelles dispositions il comptait mettre en œuvre pour protéger le personnel soignant aux prises avec la crise sanitaire.

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Retrouvez la question écrite de Marie-France Lorho.

Les agressions contre les sapeurs-pompiers en plein essor !

Ils étaient 899 pompiers à avoir été victimes d’agressions en 2008 : dix ans plus tard, ce sont 3411 pompiers qui ont déclaré avoir subi de telles attaques. Un chiffre dramatique, qui ne fait que s’intensifier : en un an, le taux de violences à l’encontre de ce corps professionnel a explosé, atteignant une augmentation de 21 %, si  l’on en croit l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). L’institut souligne ainsi que ce sont près de 7 pompiers qui sont agressés pour 10 000 interventions, contre 5 pompiers pour 10 000 interventions en 2016. Une hausse exponentielle, puisqu’en une décennie, cette augmentation atteint les 280 %.

Marie-France Lorho s’inquiète de ces graves violences à l’égard de ces professionnels au service de la Cité. En octobre, le député de la IVème circonscription de Vaucluse avait déposé une proposition de loi visant à renforcer les sanctions à l’égard des agresseurs des sapeurs-pompiers. Déplorant l’augmentation du taux d’agressions, elle avait notamment indiqué : « Dans le Vaucluse, on a décompté pas moins de 46 faits menés à l’encontre des pompiers depuis le début de l’année. A Cavaillon, vendredi 6 septembre […], les sapeurs-pompiers de la ville […] ont été pris pour cible dans le quartier de Dr-Ayme, attaqués à coup de jets de pierre ou de boules de pétanque et de cocktails molotov qui, lancés sur leur véhicule, a endommagé le fourgon de lutte contre les incendies ».  

Le 11 décembre dernier, les sénateurs appelaient le gouvernement à s’emparer de cette grave question et d’enfin mettre un terme à ces agressions. Consciente du climat de tension constant dans lequel travaillent nos sapeurs-pompiers, Marie-France Lorho avait quant à elle proposé un renforcement de la peine de réclusion criminelle de dix ans et l’augmentation de 50 000 euros l’amende lorsque l’infraction est commise sur les personnes des sapeurs-pompiers. En septembre dernier, au 126ème congrès des sapeurs-pompiers, le ministre de l’Intérieur s’était engagé à « tout faire » pour la sécurité des personnels : trois mois plus tard, force est de constater que cette déclaration est restée lettre morte…

Une loi pour sanctionner les agresseurs des sapeurs-pompiers !

En 2018, sur 4,6 millions d’interventions mises en œuvre au cours de l’année, les pompiers ont été victimes de 207 violences verbales, 153 jets de projectiles, 346 agressions simples et 66 agressions avec arme, y compris par destination, soit en moyenne 69 agressions par mois sur tout le territoire national et en outre-mer, si l’on en croit le ministère de l’intérieur. Un nombre d’agressions qui constitue près de deux agressions chaque jour. Depuis le début de l’année 2019, les violences contre les pompiers ont augmenté de 23 %. En vingt ans, le taux de violences menées à l’encontre des policiers et des pompiers a augmenté de 60 % en France.

Certaines fédérations de pompiers font part de leur inquiétude quant à ce phénomène qui prend de l’ampleur d’année en année. Après avoir rencontré les brigades de sapeurs-pompiers de Vaucluse, Marie-France Lorho a souhaité attirer l’attention du parlement sur ces actes dramatiques, témoignage ineffable de l’ensauvagement constant de notre société. C’est à cette fin qu’elle a déposé une proposition de loi visant à renforcer les sanctions à l’égard des agressions des sapeurs-pompiers.

« Il est nécessaire que les attaques à l’encontre des pompiers soient suivies de sanctions fortes et d’une véritable prise de conscience », a-t-elle ainsi souligné. Dans l’article de la loi, le député de la 4ème circonscription propose de durcir les sanctions à l’égard des agresseurs des pompiers, en renforçant la peine de réclusion criminelle de dix ans et en augmentant de 50 000 euros l’amende lorsque l’infraction est commise sur les personnes des sapeurs-pompiers. Parce qu’il est intolérable que les sapeurs-pompiers, qu’ils soient volontaires ou professionnels au service de la cité, se voient empêchés ou agressés dans l’exercice de leur mission au service des Français, Marie-France Lorho déposé cette proposition de loi afin que ne se répètent plus ces indicibles exactions.

Retrouvez la proposition de loi de Marie-France Lorho.

Incivilités et violences : une constante augmentation !

L’atmosphère est lourde Place Beauvau, en ce jeudi 6 septembre 2018 : derrière son pupitre de la salle de conférence de presse du ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb dévoile un bilan dramatique. Les violences et incivilités du quotidien sont en constante augmentation, croissance alarmante dont les chiffres sont révélateurs de l’ensauvagement progressif de notre société. Passés de 129 000 à 139 000 en un an, les coups et blessures volontaires connaissent une hausse de 7.5 %. Mieux encore, les « violences gratuites » ont quant à elles bondi de 8 % ! Quant aux atteintes à l’intégrité physique des personnes, celles-ci continuent d’augmenter de 5.7 % depuis janvier…

Enonçant ce panorama désastreux, le ministre ne renonce pas à colorer son discours de pointes de démagogie : alors que les violences sexuelles ont augmenté de 23.1 %, élevant le nombre de faits au cours des sept premiers mois de 2017 à 27 728 actes, Gérard Collomb annonce, triomphal, la mise en place d’une « plateforme de signalement de ces violences sexuelles et sexistes, de manière à ce que les femmes qui sont victimes puissent plus facilement le signaler ». Le projet s’avèrera vraisemblablement aussi inutile qu’il est condescendant… Imprécis, l’appellation de « violences sexuelles et sexistes » recouvrent une somme d’actes malveillants dont la teneur varie. Dénoncer ceux-là pourrait s’avérer utile si seulement de véritables moyens étaient déployés pour les combattre sur le terrain.

En Vaucluse, le maire d’Orange l’a bien compris : Jacques Bompard a lancé une campagne de lutte contre les incivilités du quotidien. « La loi traite ces incivilités du quotidien par le mépris alors qu’elles développent pour moi un sentiment d’insécurité et sont l’école du crime », a-t-il déclaré la semaine passée. Nous en appelons au souci du bien commun qui se désagrège de manière lente et têtue […] Ces incivilités sont des atteintes au bien vivre et à nos traditions ».  Bientôt placardées dans la ville de la quatrième circonscription de Vaucluse, ces affichettes aux slogans forts – « Modérer ses orgies. La civilisation commence par-là » – permettront de prévenir les incivilités du quotidien.

Pour l’heure, le ministre de l’Intérieur entend déployer des effectifs policiers harassés et menacés jusque dans leur quotidien dans les quartiers à risques. Un déploiement de 1 300 policiers pour « une trentaine de quartiers de reconquête républicaine d’ici l’été 2019 » … Alors même qu’ils sont mandés de toute part, notamment réclamés auprès des pompiers qui peuvent perdre la vie dès qu’ils pénètrent dans les banlieues sinistrées, les effectifs de police risquent une fois de plus de payer le prix fort.