Face au gel, battons-nous pour la survie de nos domaines !

Depuis quelques semaines, le gel ravage nos vignes ; un épisode sans précédent pour dix régions sur les treize que compte la France… Dans ma circonscription de Vaucluse, à Cairanne, ce sont près de 950 hectares qui ont été affectés par ce fléau, l’un des plus dramatiques survenu depuis de très nombreuses années.  S’il faut se réjouir que le premier ministre ait promis des « enveloppes exceptionnelles » pour venir en aide aux agriculteurs et un déplafonnement du régime d’indemnisation des calamités agricoles, il faut se battre davantage pour sauver cette profession en péril.

Alors que le président de la République exhortait les agriculteurs à tenir bon, soutenant sans sourciller que les membres du gouvernement étaient « à leurs côtés et le resteraient », rien n’a été concédé aux agriculteurs par le gouvernement pour leur permettre de travailler durant la période du confinement. Les professionnels avec des enfants n’ont ainsi pas pu être inscrits sur la liste des professions prioritaires leur permettant de faire garder leurs enfants, à l’heure où ils ont pourtant tant besoin de travailler à leurs cultures. On nous annonce que le nécessaire sera fait, au compte-goutte, pour les cas les plus urgents, promesse aussi fallacieuse que désespérante pour une profession obligée d’agir dans la précipitation… J’ai écrit au ministre de la santé et des solidarités pour rendre systématique l’inscription de ces professionnels sur la liste prioritaire… Gageons que la réponse du ministre se fera au mieux attendre, au pire n’adviendra jamais.

Face à ce qui s’annonce comme un désastre économique comme à la chute massive de la production viticole comme de celle de la filière des fruits et légumes, il faut donc faire davantage. Incitons les intermédiaires à restreindre leurs marges pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail. Permettons ainsi aux français de continuer à acheter une production nationale en dépit de l’inflation massive des prix qui attend la filière. Cessons les polémiques aussi malvenues qu’absurdes sur les dispositifs d’urgence mis en place par les professionnels dans leurs champs.

A l’Assemblée nationale, avec les membres du groupe d’études sur le vin, la vigne et l’œnologie, nous avons cosigné une tribune pour interpeller le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et l’inciter à développer « tous les outils collectifs qui existent permettant de diminuer l’impact d’une perte de production mais aussi de réfléchir à des aides supplémentaires afin d’éviter que des domaines disparaissent ». Parce que par-delà les ornières partisanes, c’est bien pour la survie de nos domaines agricoles, joyaux de nos terroirs, qu’il faut se battre !