Prorogation de l’état d’urgence : pourquoi j’ai voté non !

Hier, l’Assemblée nationale adoptait l’ensemble du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire. Un « état d’urgence » qui n’a d’exceptionnel que sa pérennité : depuis près d’un an, le gouvernement s’octroie des compétences particulières, rognant chaque jour un peu plus sur les libertés des français. Liberté de circulation, capacité de travailler, possibilité de se rassembler affectant directement la liberté d’expression, liberté d’exercer son culte… : tant de domaines sur lesquels le gouvernement s’arroge des droits inédits depuis mars dernier. 

L’accoutumance de ce gouvernement aux mesures dérogatoires est malsain : car si la situation sanitaire est grave, les effets provoqués par les confinements successifs et arrêts de travail forcés seront pire encore… Suicides, chômage de masse, croissance des violences conjugales,… : les effets catastrophiques des décisions gouvernementales quant à la crise sanitaire s’apprêtent à faire sombrer économiquement et socialement notre pays sur le long terme. La systématisation du télétravail risque de même d’encourager l’isolement des Français, dont les relations sociales s’amenuisent au profit d’une productivité supposée qui reste à démontrer. 

Jusqu’au 1er juin, les Français verront donc leurs libertés restreintes et leur capacité à vivre comme ils l’entendent annihilée. Alors que le gouvernement joue depuis près d’un an à donner des consignes aléatoires à la population au lieu de concentrer tous ses efforts sur l’octroi de moyens conséquents aux hôpitaux, cet état d’urgence permanent apparaît inacceptable. La fermeture de lits hospitaliers entre les deux confinements manifeste la prédilection du gouvernement à s’octroyer des pouvoirs exceptionnels plutôt qu’à rétablir la situation sanitaire. 

Ce sont toutes ces raisons qui ont encouragé Marie-France Lorho à s’élever contre la prorogation de l’état d’urgence, dont le député de Vaucluse juge la systématisation aussi malsaine que malvenue. 

Retrouvez l’analyse du scrutin public sur la prorogation de l’état d’urgence sanitaire.