« Fin » de l’état d’urgence : une prolongation de l’état d’exception qui ne dit pas son nom !

En séance mercredi, l’Assemblée nationale examinait le texte visant à organiser la fin de l’état d’urgence sanitaire. Un intitulé qui résume mal les dessous du projet de loi : car sous couvert d’amorcer la sortie d’un état exceptionnel, offrant des multitudes de prérogatives à l’Etat, c’est bien à la prorogation de l’état d’urgence qu’invitait un tel texte. 

Marie-France Lorho s’est opposée à un projet de loi dont elle a souligné toute l’hypocrisie : « sous couvert d’amorcer la fin de l’état d’urgence, ce texte laisse entrevoir la possibilité d’une prolongation de celui-ci jusqu’au mois de novembre. Cette capacité potentielle du gouvernement à mettre en œuvre une série de dispositions spéciales qu’il renouvelle lorsque cela lui sied n’est pas saine et ouvre la voie à la restriction des libertés fondamentales dont espèrent encore bénéficier les Français », a souligné le député de Vaucluse dans l’un de ses amendements. 

Le député s’est également alarmé des approximations faites au sein du projet de loi et dénoncé les restrictions appliquées aux lieux de réunion qui y étaient proposées. Soulignant les graves atteintes au libre exercice du culte catholique à l’occasion du confinement, Marie-France Lorho a souligné que la désignation floue des « lieux de réunion » avait « ainsi permis au gouvernement de réglementer l’ouverture ou la fermeture des lieux de culte [et qu’il en était] résulté une violation de l’exercice du culte et de la liberté religieuse inquiétante et sans précédent ». 

En dépit des inquiétudes légitimes des Français, aucun état d’urgence sanitaire ne saurait valoir l’installation d’un état de surveillance généralisée et une telle restriction des libertés fondamentales des Français, notamment celle d’exercer leur culte. La récession terrible dans laquelle la France va être plongée ne saurait se voir accentuée ! C’est à ce titre que Marie-France Lorho a tenu à voter à l’encontre de ce projet de loi.