CETA : pourquoi j’ai voté non !

« Si je suis élu, je recevrai […] les conclusions [de l’accord de partenariat stratégique entre l’Union Européenne et le Canada] et j’en tirerai toutes les conséquences ». Le 1er mai 2017, le candidat Macron lançait une nouvelle promesse de campagne. Deux ans plus tard, force est de constater qu’elle est une énième promesse non tenue d’un Président de la République soumis aux pressions d’un libre-échange écrasant. 

Avec le CETA, Emmanuel Macron enterre le pouvoir des parlements nationaux, qui n’auront plus voix au chapitre lorsqu’il s’agira de s’exprimer sur ce type d’accord commerciaux, au profit d’une Union Européenne désincarnée et aux membres désunis. Désormais, les investisseurs privés traduiront en justice toute décision des pouvoirs publics qui contreviendrait à leurs exigences commerciales. En ratifiant cet accord, le gouvernement manifeste sa volonté de faire prévaloir les intérêts des multinationales sur les décisions nationales. 

Derrière les belles promesses de respect de la transition écologique et sociale du gouvernement, se dissimule un accord dévastateur. Emettant gaz à effet de serres et encourageant des exportations de combustibles fossiles croissantes, ce texte va engendrer l’augmentation exponentielle de flux dont ni l’Union Européenne ni ses Etats membres n’auront la possibilité de contenir. A l’heure où le ministre de la transition écologique se fait davantage remarquer pour ses écarts de conduite que pour ses réalisations écologiques, le CETA ne sera en aucun cas corrélé à l’obligation de réduire les effets dévastateurs qu’il induit en termes écologiques. 

Plus grave encore : l’amour du président pour les traités de libre-échange risque d’enterrer l’exception agricole française. Au dépens des producteurs, ce seront donc des produits aux qualités sanitaires contestables qui arriveront sur le marché français à des prix battant toute concurrence…. Le rapport Schubert alertait sur les risques sanitaires à courir avec cet accord : les importations canadiennes « affecteront négativement un secteur d’élevage déjà affaibli dans l’Union Européenne », soulignait-il. 

La paysannerie fait partie de notre terroir : un accord tel que le CETA lui porte un coup fatal, encourageant une concurrence déloyale et l’acheminement de produits de qualité médiocre. Une ratification en faveur du CETA est le signe d’un Etat qui favorise les intérêts de multinationales au détriment de sa paysannerie, corps même de notre patrimoine français.