Agriculture : les producteurs de cerises étouffés par la politique macronienne

Ils sont épuisés, harassés par un gouvernement qui semble sans cesse favoriser la production étrangère à l’agriculture de nos terroirs. Depuis que la circulaire est tombée, le 5 mai dernier, les producteurs de cerises de Vaucluse sont dans l’incompréhension : le gouvernement a indiqué au Journal officiel autoriser les introductions en France de cerises fraîches produites dans un pays tiers ou un Etat membre de l’Union Européenne. Si la production des cerises de Vaucluse a récemment été bridée par l’interdiction d’utilisation du diméthoate, un insecticide efficace sur un moucheron attaquant le fruit, elle a subi un coup particulièrement pervers avec l’entrée sur le marché des cerises turques.

Les Turcs l’assurent : ils n’utilisent pas cette substance que le gouvernement juge dangereux pour la santé et auquel il n’apporte que des alternatives coûteuses, à l’efficacité limitée. Pire encore : l’usage de ces produits « vingt fois plus cher », si l’on en croit Monsieur Gilles Bernard (Modef Vaucluse) nécessiterait quatre à cinq fois plus de traitements dont les effets sur la production comme sur la santé des agriculteurs demeurent inconnus. « La Turquie n’est pas dans l’Union Européenne et n’est donc pas tenue de proscrire le diméthoate », déplore-t-il. « On nous jette en pâture sur le marché mondial […] Si l’on voulait nous ruiner, on ne s’y prendrait pas autrement », constate-t-il encore.

Et de fait : comment expliquer que le Ministre de l’Agriculture n’interdise pas l’importation d’une production qu’il bannit en France ? Comment expliquer qu’il soit resté silencieux face aux requêtes des agriculteurs de Vaucluse ? Subissant déjà les dramatiques intempéries climatiques, ceux-ci sont doublement condamnés par un gouvernement qui détruit leur métier en les noyant sous un flot de normes à l’utilité contestable.

Face à la crise, Marie-France Lorho s’est entretenue avec le préfet de Vaucluse ; une solution d’urgence pourrait être déployée, déclaration d’état de calamité qui pourrait permettre aux agriculteurs de bénéficier d’indemnités pour pallier cette situation inique. Pour autant, les délais pour la mise en place de la commission générale risquent d’être longs. Et le fruit des indemnités récoltés restera insatisfaisant en regard du préjudice causé à l’égard des producteurs de cerises. A l’heure où nos terroirs pâtissent de la politique inique du gouvernement, à l’heure où nos agriculteurs se désespèrent d’être traités avec moins d’égards que les producteurs étrangers, le Ministère va-t-il continuer à se murer dans le silence ?